Mali : six orpailleurs burkinabè tués dans l’effondrement d’une galerie à Kangaba
L’orpaillage artisanal a encore fait des victimes au Mali. Vendredi 30 octobre, une galerie creusée dans un puits s’est effondrée à Dioulafoundou, dans le cercle de Kangaba, ensevelissant six ressortissants burkinabè qui y travaillaient.
Le drame s’est produit dans un site isolé de la commune rurale de Nouga, dans la région de Koulikoro, non loin de la frontière guinéenne. La violence de l’éboulement et la profondeur de la galerie – environ 12 mètres de haut et 8 mètres de large – ont rendu les opérations de secours particulièrement difficiles. Une pelleteuse a dû être mobilisée pour dégager les corps coincés sous les décombres.
Alerté, le préfet de Kangaba s’est rendu sur place, accompagné des forces de sécurité et de la Protection civile.
Le comité de veille local pointé du doigt
Sur place, le préfet a mis en cause le comité de veille local, estimant qu’il n’avait pas assumé correctement sa mission de prévention. Il a invité les responsables villageois et les jeunes à redynamiser ces structures afin d’éviter de nouveaux drames.
« Nous ne pouvons pas continuer à enterrer nos jeunes à cause de l’orpaillage artisanal. Les comités de veille doivent jouer pleinement leur rôle », a-t-il déclaré, selon des sources locales.
Une série noire qui ne s’arrête pas
Ce drame rappelle une fois de plus les dangers auxquels sont exposés les travailleurs des sites d’orpaillage. En janvier 2025, un éboulement à Danga, dans la même commune de Nouga, avait déjà fait 13 morts. Quelques semaines plus tard, un autre effondrement à Bilalikoto, dans le cercle de Kéniéba, avait coûté la vie à au moins 43 personnes.
Ces accidents à répétition soulèvent la question de la sécurité sur les sites d’orpaillage artisanal, où des milliers de personnes, souvent venues des pays voisins, travaillent dans des conditions précaires. Les autorités maliennes sont appelées à renforcer les mesures de prévention et à encadrer davantage cette activité qui fait pourtant vivre de nombreuses familles.
Les autorités locales ont lancé un appel à la vigilance et à la responsabilité des exploitants artisanaux, rappelant que le respect des normes de sécurité élémentaires est indispensable pour éviter de nouveaux drames.
Les six corps des ressortissants burkinabè ont été dégagés et remis aux autorités compétentes pour les formalités d’usage. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’effondrement.
Par Cherif Keita

