Monde : Mondial 2026: Bellingham porte l’Angleterre en demi-finale après un combat de titans face à la Norvège
Les Three Lions ont souffert, ont tremblé, mais ils ont fini par dompter la fougue norvégienne (2-1) grâce à un doublé de leur joyau Jude Bellingham. Une qualification en demi-finale de la Coupe du Monde 2026 acquise dans la douleur et l’euphorie, au terme d’une prolongation décisive.
Dans le chaudron du MetLife Stadium, l’Angleterre a vécu une soirée à la gloire de son numéro 10. Face à une formation norvégienne audacieuse et dangereuse, les hommes de Thomas Tuchel ont longtemps été dos au mur avant de renverser la vapeur. Menés au score, bousculés dans l’impact et parfois chanceux sur les tentatives adverses, ils ont trouvé leur salut dans la constance mentale d’un génie précoce : Jude Bellingham.
Le Madrilène, déjà auteur d’un parcours étincelant dans cette compétition, a inscrit un doublé salvateur (42e, 92e) pour offrir un billet pour le dernier carré à sa sélection. En face, les Norvégiens d’Erling Haaland, pourtant en position de faire tomber un géant, paient cher leurs erreurs de gestion et un manque d’efficacité qui les poursuivra longtemps.
Le début de match a tourné à l’avantage des Scandinaves. Plus entreprenants, plus vifs, ils ont rapidement mis le pied sur le ballon et mis à mal une défense anglaise en manque de repères. Leur pressing haut a payé à la 34e minute. Après avoir éliminé Ezri Konsa sur son côté gauche, Andreas Schjelderup a déclenché une frappe enroulée imparable, logée dans la lucarne de Jordan Pickford. Une réalisation de classe mondiale pour le joueur de Benfica (1-0).
L’Angleterre était groggy, mais un grain de folie norvégien allait changer la donne. À la 38e minute, Alexander Sørloth, idéalement lancé en contre-attaque avec Erling Haaland seul dans son dos, a choisi la solution individuelle. Sa frappe, contrée, est revenue sans danger dans les gants de Pickford. Un geste d’égoïsme qui allait se révéler fatal. Car dans la foulée, sur la première véritable occasion anglaise, Anthony Gordon a déposé un ballon parfait dans la surface pour Jude Bellingham. Le milieu du Real Madrid a ajusté Nyland d’un plat du pied gauche imparable. 1-1, et l’espoir renaissait pour les Three Lions, qui ont cru prendre l’avantage juste avant la pause, mais Harry Kane a vu son but annulé pour une position de hors-jeu.
Au retour des vestiaires, la physionomie du match a évolué. La Norvège, toujours dangereuse sur phases arrêtées, a vu un but sur corner refusé pour une faute litigieuse sur le gardien Pickford. Puis, la chance anglaise a pris le visage de la barre transversale. À un quart d’heure du terme, Kristoffer Ajer, seul au second poteau sur un nouveau corner, a repris le ballon de la tête, mais son coup de casque puissant est venu percuter le montant. Pickford, battu, a été sauvé par ses bois.
L’Angleterre, sous pression, n’a pas réussi à faire la différence dans le temps règlementaire. Il fallait donc une prolongation pour départager les deux équipes. Dès l’entame des trente minutes supplémentaires, Morgan Rogers, entré en jeu, a tenté sa chance de loin. Sa frappe surpuissante n’a pas été maîtrisée par Nyland. Bellingham, à l’affût comme un renard, a surgi pour pousser le ballon au fond des filets (2-1). Un soulagement général pour les Anglais, un coup de massue pour les Norvégiens, qui n’ont plus jamais eu les ressources pour renverser la situation.
Dans les vestiaires, c’est l’euphorie mais aussi le soulagement. « Nous avons eu peur, il faut l’avouer », a confié Thomas Tuchel en conférence de presse. « La Norvège a livré un combat magnifique, mais nous avons eu Jude. Ce garçon a des capacités physiques et mentales hors du commun. Il a le moteur d’un champion et le sang-froid d’un vétéran. »
De son côté, Jude Bellingham, élu homme du match, a tenu à saluer ses adversaires : « Ce n’était pas notre meilleur match, mais c’est un quart de finale de Coupe du Monde. Il faut parfois gagner sans être brillant. On a montré une mentalité de gagneur. Je dédie ce doublé à toute l’équipe. »
À l’inverse, le camp norvégien était en larmes. Stale Solbakken, le sélectionneur, n’a pas caché son amertume. « C’est cruel. Nous avons fait le plus dur, nous avons dominé une grande partie du match, et nous repartons avec une élimination qui fait mal. Nous avons eu les occasions, mais le football est parfois injuste. Cette équipe a de l’avenir. »
Une Angleterre en quête de gloire
Grâce à ce succès, les Anglais retrouvent le dernier carré de la compétition, une place qu’ils n’avaient plus atteinte depuis leur finale perdue en 2022. Surtout, ils ont prouvé qu’ils savaient souffrir, un atout précieux pour la suite.
Ils affronteront en demi-finale le vainqueur du choc entre la France et le Portugal. Les Bleus, tenants du titre, se dressent comme l’épouvantail de cette fin de tournoi, mais avec un Bellingham dans cet état de forme, plus rien ne semble impossible.
La marche est haute, mais les Three Lions ont un appétit dévorant. Leur rêve de revoir un titre mondial en 1966 est plus vivant que jamais.
Par Issa Abdou

