Monde: Tensions dans le Golfe : Washington rétablit les sanctions pétrolières contre l’Iran et frappe des cibles militaires
Les États-Unis ont brusquement rétabli ce jeudi les sanctions sur les exportations de pétrole iranien, interrompant avant son échéance la période d’allègement accordée à Téhéran. Cette décision, annoncée par Washington, intervient dans un contexte de vive escalade militaire autour du détroit d’Ormuz, où les deux camps s’accusent mutuellement d’attaques et de violations du cessez-le-feu.
Initialement prévue pour soixante jours, la licence autorisant temporairement les exportations de brut iranien a été suspendue par les autorités américaines, qui accusent Téhéran de ne pas avoir respecté ses engagements issus des derniers pourparlers. Cette décision unilatérale marque un retour à la politique de « pression maximale » chère à l’administration américaine.
Escalade militaire dans le Golfe
Parallèlement, les tensions sécuritaires se sont ravivées dans la région. Washington attribue à l’Iran plusieurs attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique par laquelle transite près de 30 % du pétrole mondial. En riposte, les forces américaines affirment avoir mené des frappes contre des dizaines de cibles militaires iraniennes, visant notamment des installations de défense aérienne, des sites de drones et des infrastructures des Gardiens de la Révolution.
De son côté, Téhéran a revendiqué des frappes contre des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, dénonçant une violation du cessez-le-feu conclu après les récents affrontements. Les autorités iraniennes ont promis une réponse « proportionnée mais ferme » à ce qu’elles qualifient d’« agression injustifiée ».
Cette nouvelle montée des tensions compromet les efforts diplomatiques engagés ces dernières semaines. Les pays riverains du Golfe, inquiets pour la sécurité de leurs propres exportations, ont appelé à la retenue et à une reprise rapide des négociations. L’Union européenne et la Chine ont également exprimé leur préoccupation, exhortant les deux parties à éviter une escalade incontrôlée.
Alors que le détroit d’Ormuz demeure un point névralgique de l’approvisionnement énergétique mondial, les marchés pétroliers ont réagi avec nervosité, les cours du brut enregistrant une hausse significative dans les heures suivant l’annonce américaine. L’ombre d’un conflit ouvert plane désormais sur la région, tandis que la communauté internationale retient son souffle.
Par Ousmane Diallo

