Niger : le gouvernement fixe un cadre strict pour les loyers des logements sociaux

 

Un décret signé par le général Abdourahamane Tiani encadre désormais les prix des F2 et F3 sur tout le territoire, avec des sanctions allant jusqu’à 30 jours de prison.

Face à la flambée incessante des loyers qui grève le budget des ménages nigériens, les autorités ont décidé de passer à l’action. Le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), a signé un décret instaurant un plafonnement officiel des loyers à usage d’habitation sur l’ensemble du territoire national. Publié le 22 avril 2026, ce texte marque une rupture dans la régulation du marché immobilier.

La mesure concerne exclusivement les logements de type F2 et F3, considérés comme des habitations à caractère social. Les appartements plus spacieux (F4, F5 et au-delà) échappent à cette réglementation, laissant aux propriétaires une liberté tarifaire pour les biens de grand standing.

Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Abdoul Kadri Amadou Daouda, a détaillé les nouvelles dispositions lors d’une intervention sur la Radiotélévision du Niger (RTN) le 22 juin 2026, insistant sur la nécessité de protéger les ménages modestes.

Des barèmes adaptés aux réalités locales

Le décret établit une grille tarifaire différenciée selon deux critères principaux : la localisation du logement et son niveau de standing.

Dans les zones loties, les loyers des F2 sont désormais plafonnés entre 20 000 et 25 000 FCFA pour les biens de standing moyen, et de 30 000 à 40 000 FCFA pour ceux de standing élevé. Pour les F3, les prix s’échelonnent entre 45 000 et 60 000 FCFA en standing moyen, et entre 60 000 et 80 000 FCFA en standing élevé.

Dans les zones traditionnelles, les tarifs sont plus accessibles. Les F2 se louent entre 15 000 et 25 000 FCFA en standing moyen, et entre 30 000 et 35 000 FCFA en standing élevé. Quant aux F3, ils varient de 40 000 à 45 000 FCFA en standing moyen, et de 50 000 à 60 000 FCFA en standing élevé.

Le décret précise également que toute augmentation de loyer ne pourra excéder 10 % du montant initial, sauf si des travaux d’amélioration substantiels ont été réalisés par le propriétaire.

Des sanctions pour dissuader les abus

Pour garantir le respect de ces nouvelles règles, le gouvernement a prévu un arsenal répressif. Les propriétaires qui feraient de fausses déclarations sur les caractéristiques de leur bien ou qui négligeraient de déclarer le bail auprès des communes dans un délai de trois mois s’exposent à 5 à 15 jours d’emprisonnement, assortis d’une amende de 50 000 à 99 000 FCFA.

Les bailleurs qui percevraient des loyers supérieurs aux plafonds autorisés encourent une peine pouvant aller jusqu’à 30 jours de prison. Les locataires qui accepteraient sciemment de payer des montants hors barème ne sont pas en reste : ils s’exposent également à des sanctions.

 

Cette réforme, élaborée en concertation entre les ministères de l’Urbanisme, du Commerce et des Finances, entend rétablir un équilibre dans un secteur où les prix ont connu une hausse vertigineuse ces dernières années.

Les loyers sont désormais fixés en fonction de plusieurs paramètres objectifs : le coût de construction, le niveau de vie des ménages, les prestations offertes, les services disponibles à proximité et la localisation précise du bien.

Pour les autorités, il s’agit d’une mesure de justice sociale visant à soulager les familles les plus vulnérables et à garantir un accès au logement dans des conditions décentes.

Par Issa Abdou 

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