États-Unis : Joe Biden accorde des grâces préventives avant de quitter la présidence

 

Dans un geste inédit et hautement symbolique, Joe Biden a, à quelques minutes de la passation de pouvoir à Donald Trump, accordé des grâces présidentielles « préventives » à plusieurs personnalités, dont cinq membres de sa propre famille. Cette décision, annoncée ce lundi 20 janvier 2025, vise à protéger ses proches et d’autres responsables d’éventuelles enquêtes ou poursuites judiciaires qu’il qualifie de « partisanes ».

Une décision controversée

Parmi les bénéficiaires figurent les frères et sœurs de Joe Biden, ainsi que certains de leurs conjoints. En plus de sa famille, le désormais ex-président a également gracié des élus démocrates et des fonctionnaires de son administration. Ce geste, interprété par certains comme une tentative de protéger son entourage face à un éventuel retour de Donald Trump à la Maison Blanche, suscite des débats houleux dans la classe politique et auprès de l’opinion publique.

Une réponse aux tensions politiques

Lors d’un bref communiqué, Joe Biden a déclaré que ces grâces étaient motivées par un souci de justice et visaient à « protéger des citoyens de la vengeance politique ». Depuis la fin de son mandat, il n’a pas caché ses craintes de voir son successeur utiliser les institutions judiciaires pour cibler ses alliés et ses proches.

Donald Trump, qui a prêté serment peu après, n’a pas tardé à réagir. Lors de son discours d’investiture, il a qualifié ces grâces de « preuve de la corruption et de la peur qui gangrènent les élites démocrates ».

Une pratique rare mais légale

Les grâces présidentielles préventives, bien que peu courantes, sont tout à fait légales aux États-Unis. Elles permettent à un président de protéger une personne contre des poursuites futures, même en l’absence de charges formelles au moment de leur émission. Cette pratique avait notamment été utilisée par Gerald Ford en 1974 pour gracier Richard Nixon après le scandale du Watergate.

Cependant, le fait d’inclure des membres de sa propre famille dans cette mesure pourrait alimenter les accusations de favoritisme et d’abus de pouvoir.

Des réactions divisées

Les démocrates ont, pour la plupart, salué cette initiative, la qualifiant de mesure nécessaire dans un climat politique polarisé. À l’inverse, les républicains dénoncent un acte qui, selon eux, démontre une crainte de révéler des irrégularités.

Les prochains jours s’annoncent tendus sur la scène politique américaine, alors que Donald Trump reprend les rênes du pays pour un mandat qui s’annonce tout aussi controversé que le précédent.

Par Frédéric Konaté

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