Cameroun : Deux ans après, la dépouille de Martinez Zogo reste sous scellés judiciaires

Deux ans après l’assassinat brutal de Martinez Zogo, journaliste et directeur de Radio Amplitude FM, sa dépouille demeure conservée à la morgue de l’Hôpital central de Yaoundé. Scellée par la justice, elle reste au cœur d’une enquête judiciaire qui peine à avancer.

Assassiné le 17 janvier 2023, Martinez Zogo est devenu un symbole de la lutte contre l’impunité au Cameroun. Pourtant, pour sa famille, cette quête de justice s’accompagne d’une douloureuse attente : celle de la restitution de son corps pour organiser ses funérailles.

Une dépouille clé pour l’enquête

Pour les autorités judiciaires, le corps de Martinez Zogo constitue une preuve essentielle dans cette affaire complexe. « Le corps de Martinez Zogo est le corps du délit », explique Me Calvin Job, avocat de la famille. Lors d’une audience récente, il a été réaffirmé que tant que l’instruction n’est pas achevée, la dépouille ne pourra être remise à la famille.

Christophe Bobiokono, directeur de publication du journal Kalara, souligne également que « la cause de la mort peut encore être remise en question », laissant entendre qu’une nouvelle autopsie pourrait être demandée pour éclaircir des zones d’ombre dans l’enquête.

Une procédure judiciaire laborieuse

Depuis l’ouverture du procès en mars 2024, les audiences peinent à entrer dans le vif du sujet. Les débats de fond n’ont toujours pas commencé, en raison de divergences procédurales et d’un processus marqué par de nombreux retards.

Dix-sept personnes ont été inculpées dans cette affaire, dont 12 agents de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE). Parmi eux figure Léopold Maxime Eko Eko, ancien chef de ce puissant service de renseignement, identifié comme l’un des principaux suspects.

Une famille en attente d’un adieu digne

Pour la famille de Martinez Zogo, ce long processus est une épreuve insoutenable. Elle réclame depuis des mois la restitution de la dépouille pour organiser des obsèques dignes de ce nom. Cependant, le tribunal militaire reste inflexible, estimant que cette démarche ne peut avoir lieu tant que l’instruction reste en cours.

Entre justice et douleur

L’affaire Martinez Zogo, emblématique des défis liés à la liberté de la presse et à l’état de droit au Cameroun, reflète également les souffrances d’une famille confrontée à une interminable quête de vérité. Alors que le temps passe, le sort de sa dépouille devient un symbole du combat pour la justice et la mémoire d’un journaliste qui a payé le prix fort pour son engagement.

Par Georges Domo 

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