Tchad : Le GCAP dénonce une transition marquée par la répression et la mauvaise gouvernance transition
Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) a tenu ce mercredi une conférence de presse au siège du parti Les Patriotes, situé à Bololo dans le 2ᵉ arrondissement de la capitale. À cette occasion, la coalition a dressé un tableau sombre des quatre années de transition politique au Tchad, entamée après la mort du président Idriss Déby Itno en 2021.
Selon le GCAP, ces années de transition ont été marquées par une « gouvernance autoritaire », une « dérive institutionnelle », des « violences impunies » et une « gestion calamiteuse » des ressources du pays. Dans sa déclaration, la coalition a dénoncé une administration dominée par un pouvoir qualifié de « clanique » et de plus en plus répressif.
Le Pr Avocksouma Djona Atchénémou, président du parti Les Démocrates et porte-parole du GCAP, a évoqué plusieurs événements tragiques ayant jalonné cette période. Il a notamment cité les répressions des manifestations du 28 avril 2021 et du 20 octobre 2022, les conflits meurtriers à Kouri Bougoudi, Abéché, Mangalmé, Sandana, dans les Monts de Lam, à Bérém et à Léo, sans oublier la mort du leader du Parti Socialiste sans Frontière (PSF), Yaya Dillo Djérou Betchi, abattu le 28 février 2023.
« Les autorités au pouvoir violent les textes qu’elles ont elles-mêmes rédigés. Elles bafouent le code électoral et divisent davantage le pays au nom d’une unité fictive », a déclaré le Pr Avocksouma, dénonçant un « État de non-droit au service d’un seul individu ».
Le GCAP accuse également le gouvernement de contrôler toutes les institutions, de l’exécutif au judiciaire, en passant par le législatif, les forces de sécurité, la diplomatie et même la sphère religieuse, dans un pays pourtant officiellement laïc.
Sur le plan économique, la coalition a dénoncé l’augmentation du prix du ciment, malgré l’existence d’une cimenterie nationale à Baoré. « Comment peut-on accepter que des salles de classe s’effondrent à quelques kilomètres d’un site de production de ciment ? », s’est insurgé le groupe, pointant du doigt un « pouvoir déconnecté des réalités sociales ».
En conclusion, le GCAP a appelé à une « résistance nationale » face à ce qu’il qualifie de « dérive dictatoriale ». La coalition exhorte les forces vives à se mobiliser pour réorienter le pays vers une véritable transition démocratique et inclusive.
Par Mbaikoula Philippe

