Côte d’Ivoire : Tidjane Thiam saisit l’ONU après son exclusion de la liste électorale
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Le climat politique ivoirien se tend à l’approche de l’élection présidentielle prévue pour octobre. Tidjane Thiam, président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), a décidé de porter son cas devant le Comité des droits de l’homme des Nations Unies après avoir été exclu de la liste électorale définitive. Il dénonce une atteinte à ses droits civils et politiques.
Une exclusion fondée sur la double nationalité
La radiation de Tidjane Thiam avait été entérinée en avril dernier par la justice ivoirienne. En cause : l’ancien directeur général de Credit Suisse possédait encore la nationalité française au moment de son inscription sur les listes électorales. Or, selon la Constitution ivoirienne, la double nationalité est incompatible avec une candidature à la magistrature suprême.
Pourtant, Thiam affirme avoir renoncé à sa nationalité française dans les délais requis. Le ministère de la Justice a d’ailleurs reconnu sa nationalité ivoirienne comme étant « indiscutable ». Néanmoins, la Commission Électorale Indépendante (CEI) a considéré que la procédure initiale d’enrôlement n’était pas conforme, justifiant ainsi son exclusion de la liste définitive.
Une opposition décapitée
Tidjane Thiam n’est pas le seul leader de l’opposition à être écarté du scrutin présidentiel. Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé, tous trois frappés par des condamnations judiciaires, sont également absents de la liste électorale. Ce verrouillage du jeu politique soulève de vives critiques de la part de la société civile et des observateurs internationaux.
« C’est une élection sans choix, une démocratie sans alternative », s’insurgent plusieurs militants du PDCI-RDA, qui dénoncent un processus biaisé.
L’appel à des élections inclusives
Malgré les appels pressants à une révision exceptionnelle de la liste électorale, la CEI, par la voix de son président Ibrahime Kuibiert Coulibaly, a fermé la porte à toute modification : « La liste électorale est définitive. Nous avons respecté les délais légaux. »
Dans cette impasse, Tidjane Thiam s’est tourné vers les instances internationales. En saisissant le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, il espère obtenir une reconnaissance formelle de la violation de ses droits fondamentaux.
Un enjeu au-delà des frontières
L’affaire Thiam soulève des interrogations sur l’état de la démocratie en Côte d’Ivoire. Si la légalité de la procédure est mise en avant par les autorités, son opportunité politique divise. Pour les soutiens de Thiam, l’exclusion de figures majeures de l’opposition affaiblit la légitimité du scrutin à venir.
L’issue de ce recours à l’ONU sera scrutée de près, non seulement à Abidjan, mais aussi dans les chancelleries et au sein des organisations de défense des droits humains. En attendant, la campagne électorale s’ouvre sur fond de tensions, dans une Côte d’Ivoire toujours en quête de réconciliation nationale.
Par Ousmane Diallo

