Monde : Faut-il encore monter à bord d’un Boeing ?

 

Le crash du Boeing 787 Dreamliner d’Air India ce jeudi, avec 242 personnes à bord, a ravivé une angoisse latente : et si le problème, ce n’était pas l’exception mais la règle ? Depuis plusieurs années, la confiance dans les avions Boeing s’effrite. Chaque accident semble réveiller les fantômes d’un constructeur jadis synonyme d’excellence technologique, aujourd’hui devenu un symbole de dérive industrielle et de gestion à courte vue.

On se souvient encore du scandale des 737 MAX, ces appareils censés être le fleuron de l’aviation commerciale, qui se sont transformés en cercueils volants en 2018 et 2019. Deux crashs, 346 morts. Un système de stabilisation défaillant, un aveuglement volontaire, et des conséquences tragiques. Boeing a payé plus d’un milliard de dollars pour enterrer les poursuites pénales, mais l’opinion publique, elle, n’a pas oublié.

Le 787, surnommé « Dreamliner », n’avait jusqu’alors jamais été impliqué dans un crash mortel. Pourtant, des signes étaient là : des trous d’air violents, des alertes sur le fuselage, deux années de suspension de production. Et aujourd’hui, un drame. Encore un. Combien en faudra-t-il pour que l’on change de cap ?

Une industrie malade de ses choix

Ce n’est pas seulement une question technique, c’est une crise morale. Le transport aérien repose sur un pacte de confiance entre les passagers, les compagnies, et les constructeurs. Or, ce pacte a été trahi. La course au profit, à la performance financière, semble avoir pris le pas sur la sécurité. Trop de signaux ont été ignorés, trop de décisions prises au détriment de la rigueur technique. Boeing ne paie pas seulement des amendes ; il paie aujourd’hui le prix de l’arrogance.

Les autorités doivent faire leur part. Les enquêtes doivent être transparentes, les responsabilités clairement établies. Mais au-delà des règlements, la question éthique demeure : comment en est-on arrivé là ? Et surtout, que fait-on pour que cela ne se reproduise plus ?

Redonner un sens à la sécurité

L’aviation est l’un des secteurs les plus surveillés au monde. Chaque boulon, chaque rivet compte. Mais la rigueur technique ne suffit pas si la culture de la vérité est absente. La sécurité ne se fabrique pas, elle se construit dans la responsabilité.

Alors non, il ne s’agit pas d’appeler à boycotter les avions Boeing. Mais il est légitime, et même nécessaire, de poser la question : à quel moment le rêve a-t-il viré au cauchemar ? Et qui aura le courage de le réveiller ?

Par Kenzo Brown 

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