Tchad: Avocksouma Djona charge le gouvernement Halina : « Un système aussi nul, je n’en ai jamais vu »
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L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur sous feu le maréchal Idriss Déby Itno et désormais farouche opposant au régime de son fils Mahamat Idriss Déby, le professeur Avocksouma Djona, n’a pas mâché ses mots. Dans une sortie au vitriol publiée sur sa page Facebook, il s’en est violemment pris à l’actuel gouvernement dirigé par le Premier ministre Succès Masra, dénonçant l’inaction face aux violences qui ensanglantent le pays.
« Je n’ai jamais vu un système aussi nul que le nôtre. Les ministres, au lieu d’arrêter les massacres, se promènent pour faire des constats sur des lieux de crime. La différence entre effets et causes, ils en ont cure. Malheur à ceux qui œuvrent pour la disparition de notre pays », a-t-il écrit.
Une critique directe et sans détour
Ce message, largement relayé sur les réseaux sociaux, intervient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par la multiplication des attaques meurtrières dans plusieurs provinces du pays, notamment dans le Mayo-Kebbi, Ouaddaï, Logone Occidentale, Mandoul ou encore le Logone Orientale. Ces événements tragiques continuent de susciter l’indignation de nombreux citoyens et leaders politiques.
Avocksouma Djona, connu pour sa liberté de ton et son engagement critique, déplore l’attitude du gouvernement, qu’il accuse de se contenter de constater les drames au lieu de les prévenir ou d’en éradiquer les causes profondes.
Un coup de projecteur sur l’impuissance de l’État ?
Cette sortie met en lumière une critique de plus en plus partagée dans l’opinion publique tchadienne : l’impuissance ou l’inefficacité des autorités à assurer la sécurité des populations. La démarche des membres du gouvernement qui se rendent systématiquement sur les lieux de drames, sans suite concrète, est perçue comme de la communication politique plutôt que de l’action.
Le professeur Djona, figure intellectuelle respectée, appelle implicitement à une prise de conscience nationale et semble lancer un avertissement aux dirigeants actuels : le peuple observe, et l’histoire jugera.
Par Kenzo Brown

