Togo: Lomé sous surveillance : la capitale togolaise paralysée à l’ouverture des manifestations
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Annoncées depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, les manifestations prévues sur trois jours ont débuté ce mercredi matin dans un climat de forte tension à Lomé. Très tôt, la ville a pris un visage inhabituel : rues désertes, commerces clos, circulation réduite… la capitale semble s’être figée dans l’attente.
Une ville en mode pause
En temps normal, les débuts de journée à Lomé sont marqués par l’effervescence. Mais ce 26 juin, les grandes artères sont restées silencieuses. Très peu de véhicules, des piétons rares et des boutiques pour la plupart fermées : la population a visiblement choisi de rester prudente face à l’incertitude. Beaucoup attendent de voir comment la situation évoluera avant de sortir.
Sécurité maximale dans les zones sensibles
Un important dispositif de sécurité a été déployé dès les premières heures. Des policiers et militaires en uniforme ou en civil étaient visibles à plusieurs carrefours stratégiques, notamment à Attikoumé, Tokoin, au marché de Bé, Bé-Gakpoto, à la Colombe de la Paix et au carrefour Amina. Armés de matraques, boucliers et cordons anti-émeute, certains agents semblaient prêts à intervenir rapidement.
Des barrages de fortune, installés dans la nuit du côté de Tokoin-Nyekonakpoe, ont été enlevés par la police. Devant la présidence, récemment rouverte à la circulation, les accès ont de nouveau été bloqués, renforçant la sécurité autour des institutions.
Un climat de défiance politique
Ces manifestations s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes. Depuis plusieurs semaines, des voix s’élèvent contre la réforme constitutionnelle adoptée en avril, qui instaure une Ve République et reconfigure les pouvoirs de l’État. Les protestataires – activistes, blogueurs, organisations citoyennes – dénoncent un recul des libertés et appellent à plus de démocratie et de transparence dans la gouvernance.
Pour l’heure, aucun affrontement majeur n’a été signalé, mais la situation reste tendue et imprévisible. La suite de ces trois journées sera décisive pour la dynamique de la contestation et la réponse du pouvoir.
Par Frédéric Konaté

