Togo : La société civile appelle à un “Togo Mort” le 16 août face aux interdictions de manifester

Trois refus successifs d’autorisation de manifester en moins d’un mois. C’en est trop pour la société civile togolaise, qui dénonce une « confiscation des libertés » et une « répression systématique » orchestrée par les autorités. En riposte, plusieurs organisations annoncent une journée nationale de désobéissance civile, baptisée « Togo Mort », prévue pour le samedi 16 août 2025.

Un contexte de tensions et de refus répétés

Réunis à Lomé ce mardi, le Front Citoyen Togo Debout, Novation Internationale et une vingtaine d’associations partenaires ont fait part de leur indignation. Selon eux, les demandes de manifestations pacifiques, déposées dans le strict respect de la loi, se sont toutes heurtées à un refus du ministère de l’Administration territoriale.

  • 10 juillet : premier refus, justifié par un « climat d’euphorie électorale » nécessitant prudence.
  • 23 juillet : deuxième refus, motivé par des « recours en cours » devant la Cour suprême, alors que le processus électoral actif était terminé.
  • 07 août : troisième refus, évoquant des risques sécuritaires liés à la lagune de Bè et des « appels à la haine ».

Pour Pr David Dosseh, porte-parole du Front Citoyen Togo Debout, cette série de décisions marque un tournant :

« Ce n’est plus une marche qu’on nous interdit. C’est de penser, de pleurer, de demander justice. »

Une réponse pacifique et symbolique

En lieu et place d’une marche, les organisations optent pour un mode d’action inédit : le « Togo Mort ».
Le principe : fermeture des commerces, arrêt des activités, rues désertes. Une immobilité volontaire qui se veut un acte de résistance et de recueillement, loin de toute confrontation physique.

« Ce sera une journée de refus : refus de la soumission, refus de l’oubli, refus du bâillon », affirment les initiateurs.

L’objectif est clair : marquer les esprits, rappeler que le droit de manifester est inscrit dans l’article 30 de la Constitution togolaise et dans l’article 11 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, et qu’il ne saurait être vidé de son sens par des restrictions abusives.

Un avertissement adressé au pouvoir

Pour les associations, cette mobilisation silencieuse n’est qu’une étape. Elles préviennent que si les voies légales d’expression restent bloquées, « le peuple finira toujours par se faire entendre autrement ».

À quelques jours de la date annoncée, la question reste entière : le « Togo Mort » du 16 août mobilisera-t-il massivement la population, et jusqu’où cette action symbolique fera-t-elle bouger les lignes du dialogue entre la société civile et les autorités ?

Par Cherif Keita 

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