France : L’ancien maire de Saint-Étienne condamné à quatre ans de prison ferme dans l’affaire du chantage à la sextape
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L’ancien maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a été condamné lundi 1er décembre par le tribunal correctionnel de Lyon à une lourde peine de quatre ans de prison ferme, assortie de cinq ans d’inéligibilité, pour des faits de chantage, détournement de fonds publics et participation à une association de malfaiteurs. L’exécution de la peine est immédiate.
Un piège et des années de chantage
Le cœur de l’affaire remonte à2014. À l’époque, un rival politique de l’édile, Gilles Martigues, avait été piégé dans une chambre d’hôtel parisien, en compagnie de Samy Kéfi-Jérôme, ancien adjoint à l’Éducation de Saint-Étienne. La scène, filmée à l’insu de M. Martigues grâce à des caméras dissimulées, a donné lieu à un chantage qui a duré plusieurs années. Les enregistrements ont été récupérés par Samy Kéfi-Jérôme et utilisés pour exercer une pression sur la victime.
Une chute politique
L’affaire n’a éclaté au grand jour qu’enseptembre 2022, après les révélations du média Mediapart, conduisant à l’ouverture d’une enquête. Malgré ses proclamations répétées d’innocence, Gaël Perdriau a vu ses soutiens politiques l’abandonner progressivement. Il a finalement été exclu du parti Les Républicains (LR).
« Entièrement coupable »
Près de trois ans après les révélations,la justice a rendu son verdict, déclarant l’ancien maire « entièrement coupable » des faits qui lui étaient reprochés : « chantage, soustraction et détournement de fonds publics par un dépositaire de l’autorité publique, ainsi que participation à une association de malfaiteurs ».
Sept autres condamnations
Gaël Perdriau n’était pas seul sur le banc des accusés.Sept autres personnes impliquées dans cette machination ont également été jugées, dont son ancien directeur de cabinet, Pierre Gauttieri, ainsi que les principaux artisans du piège, Samy Kéfi-Jérôme et son ex-compagnon, Gilles Rossary-Lenglet. Leurs peines respectives devraient être prononcées dans les prochains jours.
Ce verdict marque l’épilogue judiciaire d’une affaire politico-judiciaire qui a profondément secoué la ville de Saint-Étienne et illustre la sévérité de la justice face aux manquements à l’éthique publique et au chantage.
Par Issa Abdou

