Afrique : Sous l’œil de la CAN 2025, une autre étoile africaine brille : Betelhem Dessie, l’Éthiopienne qui code l’avenir du continent
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Tandis que les projecteurs du monde sportif se braquent sur le Maroc pour la Coupe d’Afrique des Nations 2025, une autre compétition, silencieuse et décisive, se joue sur le terrain de l’innovation. Alors que les titres s’enthousiasment pour le premier succès du Maroc ou s’interrogent sur la place d’Hakimi sur le banc, un nom circule avec une ferveur différente dans les coulisses des sommets tech et dans les salles de classe africaines : Betelhem Dessie.
Portrait d’une prodige qui, à seulement 25 ans, façonne non pas un match, mais une génération.
Un parcours qui défie les normes
Née en Éthiopie, Betelhem Dessie a découvert les lignes de code avant même l’adolescence. Son talent, rare et précoce, l’a propulsée à un poste de développeuse de logiciels à l’âge de 10 ans seulement. Quatre années plus tard, elle dirigeait déjà une équipe technique, défiant les conventions sur l’âge et le genre dans un secteur souvent rigide.
Mais la véritable prouesse de Betelhem n’est pas d’avoir été une enfant star de la tech. Elle est d’avoir choisi de transformer son exception en un mouvement d’inclusion massive.
iCog Anyone Can Code : la révolution par l’éducation
En 2016, avec une conviction chevillée au corps, elle cofonde l’initiative « iCog Anyone Can Code » (iCog ACC). L’ambition est simple dans son énoncé, audacieuse dans son exécution : rendre la programmation, la robotique et l’intelligence artificielle accessibles à tous les enfants et jeunes Africains, sans barrière financière, sociale ou de genre.
Devenue une entreprise sociale à part entière en 2020, iCog ACC est aujourd’hui une machine à former les esprits. Plus de 26 000 jeunes ont déjà bénéficié de ses ateliers gratuits dans les écoles, encadrés par un réseau d’une quarantaine de mentors passionnés.
« Le code est la langue du futur. En Afrique, nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir une partie de notre jeunesse qui ne la parle pas, » déclarait récemment Betelhem lors d’un sommet à Addis-Abeba.
Des programmes ciblés pour un impact concret
L’organisation ne se contente pas de cours théoriques. Elle a développé une série de programmes à fort impact sociétal :
· « Girls Can Code » : Pour briser le plafond de verre numérique et encourager les filles à investir massivement les métiers de la tech.
· « Solve IT » : Un concours d’innovation qui pousse les jeunes à développer des solutions aux problèmes de leurs communautés.
· Un accélérateur de start-up focalisé sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents, démontrant que la tech peut répondre aux défis les plus sensibles.
Un symbole à l’heure des défis continentaux
Son ascension résonne particulièrement en cette fin d’année 2024. Alors que les nouvelles parlent de restrictions de visas ou de chantiers stratégiques d’infrastructures, l’histoire de Betelhem Dessie rappelle que le capital humain, agile et innovant, reste la ressource la plus critique pour l’Afrique.
Elle incarne cette nouvelle génération qui, plutôt que de simplement dénoncer les obstacles – qu’ils soient politiques, comme les ripostes diplomatiques de Libreville, ou économiques –, construit des passerelles. Elle ne demande pas sa place, elle la crée, et en offre des milliers d’autres.
L’avenir en ligne de code
En 2025, Betelhem Dessie est bien plus qu’une success story. Elle est un modèle, un catalyseur et une preuve. Sa trajectoire démontre que l’innovation africaine n’a pas à attendre, qu’elle peut éclore partout, y compris dans la chambre d’une enfant curieuse d’Éthiopie, et rayonner sur tout un continent.
Alors que la CAN célèbre l’excellence sportive, l’Afrique de la tech célèbre ses propres championnes. Et Betelhem Dessie, avec son sourire déterminé et ses lignes de code qui ouvrent des horizons, est déjà sur le podium. Son trophée ? Une génération entière préparée à écrire, elle-même, la prochaine page du récit technologique africain.
Par Rodrigue Izumo

