Ouganda : Bobi Wine échappe à un raid de la police sur sa résidence à la veille des résultats présidentiels
Le climat politique reste extrêmement tendu en Ouganda à l’approche de l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Le leader de l’opposition ougandaise et candidat de la Plateforme de l’unité nationale (NUP), Robert Kyagulanyi Ssentamu, plus connu sous le nom de Bobi Wine, a affirmé avoir échappé à un raid de la police visant sa résidence.
Dans un communiqué publié samedi 17 janvier 2026 sur le réseau social X, l’ancien chanteur devenu figure centrale de l’opposition a indiqué avoir quitté son domicile après une intervention des forces de sécurité survenue la veille.
« Je tiens à confirmer que j’ai réussi à leur échapper. Actuellement, je ne suis pas chez moi, bien que ma femme et d’autres membres de ma famille soient toujours assignés à résidence », a-t-il déclaré, affirmant craindre pour sa sécurité.
Selon Bobi Wine, les forces de l’ordre seraient activement à sa recherche. « Je sais que ces criminels me recherchent partout et je fais tout mon possible pour assurer ma sécurité », a-t-il ajouté, dénonçant une tentative d’intimidation à son encontre.
Versions contradictoires
Les faits restent cependant entourés de zones d’ombre. Un haut responsable de la NUP a confié à l’Agence France-Presse (AFP) que des agents de sécurité vêtus de noir auraient escaladé le mur de la résidence de Bobi Wine vendredi soir et confisqué son téléphone.
De son côté, la police ougandaise réfute toute opération ciblée contre le candidat de l’opposition. Son porte-parole, Kituuma Rusoke, a indiqué que des points de contrôle avaient été mis en place dans certaines zones jugées sensibles.
« Nous n’avons pas nécessairement interdit l’accès à Bobi Wine, mais nous ne pouvons tolérer que des personnes utilisent sa résidence pour se rassembler et inciter à la violence », a-t-il déclaré à la presse.
Une élection sous haute tension
Cette situation intervient dans un contexte électoral très tendu. De nombreux observateurs estiment que le scrutin organisé jeudi dernier, couplé aux élections législatives, pourrait une nouvelle fois consacrer le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de quarante ans, et candidat à un septième mandat.
Selon les derniers chiffres provisoires de la commission électorale, Yoweri Museveni serait largement en tête avec 71,88 % des suffrages, contre 24,46 % pour Bobi Wine. Des résultats vivement contestés par l’opposition, qui dénonce un processus électoral verrouillé par l’appareil sécuritaire et institutionnel.
Âgé de 43 ans, Bobi Wine s’est imposé ces dernières années comme le principal rival du chef de l’État. Surnommé le « président du ghetto » en référence à son enfance dans les quartiers populaires de Kampala, il avait déjà dénoncé, lors de la présidentielle de 2021, des arrestations arbitraires, des actes de torture et des restrictions de liberté.
Alors que l’annonce officielle des résultats est imminente, les événements de ces derniers jours renforcent les inquiétudes quant au respect des droits civiques et des libertés politiques en Ouganda, dans un climat marqué par la méfiance, la répression et la contestation.
Par Rodrigue Izumo

