Tchad : Oumar Bechir Ali Mounoufi, un sous-préfet qui place la population au cœur de l’action à Magoumbou

 

Dans le paysage administratif tchadien, certains hommes d’État se distinguent non seulement par leur parcours académique, mais surtout par leur capacité à incarner les valeurs qu’ils ont héritées de leur terroir. Oumar Bechir Ali Mounoufi, Sous-préfet de Magoumbou, est de ceux-là. Depuis sa prise de fonction, ce jeune administrateur originaire de Sarh s’impose comme une figure emblématique du vivre-ensemble et de la cohabitation pacifique dans le département de Bragoto.

Un héritage familial ancré dans la tolérance

Né le 1er octobre 1995 à Sarh, Oumar Bechir Ali Mounoufi est le fruit de cette terre du Moyen-Chari où, depuis des générations, chrétiens et musulmans cohabitent dans une harmonie exemplaire. Fils d’un père commerçant et d’une mère ménagère reconnue pour sa piété et son attachement aux valeurs humaines, il a baigné dès l’enfance dans un environnement où la tolérance n’était pas un concept, mais un mode de vie. « Grandir à Sarh, c’est comprendre instinctivement que l’autre, quelle que soit sa foi, est d’abord un frère », confie-t-il souvent à ses collaborateurs. C’est cette sagesse populaire, apprise dans le quartier, qui forge aujourd’hui sa vision de l’autorité.

Un parcours académique tourné vers la justice

Après un baccalauréat A4 obtenu en 2014 au Lycée-Collège Humanité, le jeune Oumar poursuit sa quête de savoir et de justice. Il décroche une Licence en Droit Public à l’Université Adam Barka d’Abéché, avant de se spécialiser à l’Université de N’Gaoundéré pour un Master. Ce bagage universitaire lui offre les outils techniques nécessaires pour comprendre les rouages de l’État et de l’administration, mais c’est son engagement précoce dans la société civile qui va véritablement révéler l’homme d’action.

L’école de la vie citoyenne

Avant de devenir Sous-préfet, Oumar Bechir Ali Mounoufi a sillonné les routes du Moyen-Chari en tant que Coordonnateur du Mouvement des Jeunes Patriotes pour la Défense des Droits Humains et le Soutien aux Couches Vulnérables. À la tête de cette organisation, il ne se contentait pas de discours. Il était sur le terrain, organisant des maraudes, apportant un soutien scolaire aux plus démunis et servant de médiateur dans des conflits communautaires naissants. Parallèlement, sa casquette d’enseignant de français et de formateur indépendant lui a appris la patience et la pédagogie, des qualités indispensables pour expliquer, convaincre et rassembler.

Magoumbou : le temps de l’action

Nommé Sous-préfet de Magoumbou, il a immédiatement transposé cette philosophie de terrain dans sa gestion administrative. Ici, l’homme n’est pas un bureaucrate enfermé dans son bureau. Il est « un homme de terrain », comme le répètent inlassablement les habitants. Sa popularité ne doit rien au hasard. Elle est le fruit d’une présence constante et d’une écoute attentive.

Les œuvres d’un « Sous-préfet de la proximité »

Sous son impulsion, Magoumbou a connu une dynamique nouvelle, axée sur le renforcement du lien social et le développement local :

1. Le « Pacte de Magoumbou » pour la paix : Conscient des tensions latentes qui peuvent surgir entre agriculteurs et éleveurs, il a instauré des cadres de dialogue trimestriels. Ces rencontres, qui se tiennent sous un grand hangar au centre-ville, rassemblent les chefs de villages, les sages, les jeunes, les religieux et les coutumiers. Grâce à sa médiation, plusieurs conflits ont été désamorcés avant même de dégénérer. « Avant, on se méfiait. Maintenant, on se parle, et on mange même ensemble après la rencontre », témoigne un éleveur de la région.

2. Réhabilitation des espaces de cohabitation : Il a initié des journées citoyennes de salubrité qui sont devenues de véritables fêtes de la fraternité. Chrétiens et musulmans nettoient ensemble le marché, réparent les pompes à eau et entretiennent les abords des lieux de culte. Ces actions, bien que simples, ont un fort impact symbolique et renforcent le tissu social.

3. L’écoute comme premier service public : Oumar Bechir Ali Mounoufi a instauré le principe de la « porte ouverte » et des « audiences foraines ». Régulièrement, il quitte son bureau pour aller s’installer dans les villages reculés de la Sous-préfecture – Moundar, Ibé 1, et les autres localités – passant des heures à écouter les doléances des veuves, des jeunes sans emploi ou des anciens. « Il ne nous regarde pas de haut. Il s’assoit par terre avec nous, il boit notre bouillie, et il cherche des solutions concrètes. On n’avait jamais vu cela avant », confie, ému, un habitant du village de Moundar.

Un homme aimé de sa population

Ce lien direct, cette absence de barrière entre l’administrateur et l’administré, fait d’Oumar Bechir Ali Mounoufi un homme profondément aimé. Lors de la dernière fête de Noël, c’est une foule nombreuse, toutes confessions confondues, qui s’est pressée devant sa résidence non seulement pour les civilités, mais aussi pour lui témoigner son soutien. Les chants et les danses traditionnelles du Moyen-Chari ont résonné longtemps dans la nuit, illustrant cette communion rare entre un chef de circonscription et son peuple.

En faisant de la tolérance apprise à Sarh un pilier de son action administrative, Oumar Bechir Ali Mounoufi redonne ses lettres de noblesse à la fonction de Sous-préfet. Il prouve qu’au Tchad, l’autorité ne se décrète pas : elle se gagne sur le terrain, par la sueur, l’écoute et l’amour sincère de sa communauté. Magoumbou est aujourd’hui bien plus qu’une simple circonscription administrative ; grâce à lui, elle est devenue un laboratoire vivant du vivre-ensemble et de la paix.

Par Kenzo Brown 

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