Tchad : Intimidation du journaliste Mbairabé Ouaye. La DYNAREMET dénonce un dangereux précédent
Liberté de la presse en péril : un journaliste traqué après un article sur un conflit foncier.
Au Tchad, la liberté d’informer est de nouveau mise à l’épreuve. La Dynamique des Responsables des Médias Privés du Tchad (DYNAREMET) a dénoncé, dans un communiqué cinglant, des pressions inacceptables visant Mbairabé Ouaye, journaliste chevronné, promoteur du journal Le Haut-Parleur et secrétaire exécutif de l’organisation.
Des manœuvres qui sentent la peur et l’arbitraire. Selon la DYNAREMET, des individus non identifiés se sont récemment livrés à une chasse aux informations en cherchant à obtenir l’adresse personnelle du journaliste. Pire, des appels anonymes l’ont sommé de se présenter dans différents services, sans que les motifs de ces convocations occultes aient été précisés. « Ces démarches suscitent de sérieuses préoccupations et pourraient contribuer à instaurer un climat d’insécurité pour les professionnels des médias », alerte l’organisation.
Quel est le crime de Mbairabé Ouaye ? Avoir publié un article portant sur un conflit foncier opposant deux familles. Un sujet sensible certes, mais relevant du droit le plus élémentaire du journalisme : informer le public. La DYNAREMET le rappelle avec force : toute personne qui se sentirait lésée par un contenu de presse dispose de voies de recours prévues par la législation tchadienne. Pourquoi alors recourir à l’intimidation et aux convocations obscures ?
Face à ce qu’elle qualifie de tentative d’instaurer un climat de terreur médiatique, la DYNAREMET condamne fermement « toute forme d’intimidation, de harcèlement ou de menace ». L’organisation exige des autorités compétentes qu’elles assument leurs responsabilités : assurer la sécurité de Mbairabé Ouaye et faire toute la lumière sur ces agissements. Le silence des autorités serait interprété comme un feu vert donné aux fauteurs de trouble.
La DYNAREMET lance un appel solennel aux associations professionnelles, aux organisations de défense des droits humains et aux partenaires des médias : restez vigilants. Car c’est tout l’édifice de l’état de droit qui est menacé. La protection des journalistes n’est pas une faveur, c’est « une condition essentielle au renforcement de l’État de droit, de la transparence et de la bonne gouvernance ». Au Tchad, ce combat est plus que jamais d’actualité.
Par Kenzo Brown

