Tchad: Projet routier sur l’axe Nord-Est : L’entreprise HBC dresse un bilan contrasté, entre ouvrages livrés et chantiers à l’arrêt

Alors que les critiques se multiplient sur les réseaux sociaux concernant l’avancement du vaste projet routier sur l’axe Nord-Est, la direction de l’entreprise HBC a souhaité apporter des éclaircissements. À l’issue d’une mission de terrain visant à « récailler les réalités », l’entreprise a présenté un bilan en demi-teinte : si deux ponts majeurs sont d’ores et déjà opérationnels, la suite du chantier est gravement compromise par des difficultés de trésorerie.

Des réalisations concrètes malgré un contexte financier tendu

Selon le rapport d’étape publié par HBC, les efforts se sont concentrés sur la construction de quatre ouvrages d’art essentiels au désenclavement de la zone.

· Pont d’Ileba (Sonutes) : Long de 680 mètres, y compris ses voies d’accès, cet ouvrage a été « achevé avec succès et mis en service dès le mois de mai 2025 ».
· Pont de Touloumes : Avec ses 720 mètres, ce deuxième pont est également « finalisé à 100 % » et pleinement opérationnel.

L’entreprise tient à souligner que ces deux réalisations ont été menées à terme dans des conditions financières précaires. « Ces résultats ont été obtenus uniquement à partir d’une partie de l’avance de démarrage perçue », insiste le rapport, saluant au passage « la rigueur et les efforts consentis » par ses équipes, ainsi que le soutien de ses fournisseurs et de certaines institutions bancaires, malgré les retards de paiement.

Troisième et quatrième ponts : des travaux au point mort

Cependant, la visite de terrain a confirmé l’arrêt des travaux sur les deux autres ouvrages, alimentant les inquiétudes des populations locales.

· Le troisième pont : Si les travaux avaient bien été lancés, leur construction est désormais « suspendue ».
· Le quatrième pont : Le chantier en est au stade de « phase d’installation », avec des préparatifs pour les travaux de fondation actuellement à l’arrêt.

Si les défis logistiques et les délais serrés sont évoqués, la raison principale de cette paralysie est budgétaire. HBC explique que la totalité des ouvrages réalisés à ce jour l’ont été sans nouveau versement depuis l’avance initiale.

Une crise sociale qui compromet la reprise

La situation financière de l’entreprise a eu des répercussions humaines directes sur le personnel, en particulier la main-d’œuvre étrangère spécialisée. Pour mener à bien ces travaux de grande envergure, HBC avait fait appel à des ingénieurs et professionnels expérimentés en provenance du Maroc, d’Égypte et du Nigeria.

« Le non-paiement prolongé a gravement affecté la situation de l’entreprise. De nombreux expatriés ont été contraints de quitter le chantier, n’ayant plus de prise en charge médicale ni de salaire », déplore le rapport. Cette fuite des compétences compromet lourdement « la continuité et l’efficacité de l’exécution du travail ».

Un appel pressant au maître d’ouvrage

Face à ce constat, la direction d’HBC réaffirme son « engagement à terminer les ouvrages restants ». Elle lance néanmoins un appel solennel au maître d’ouvrage (le donneur d’ordre public) pour qu’il procède d’urgence aux décaissements nécessaires.

« Nous appelons à la prise en compte urgente de cette situation par le maître d’ouvrage afin de garantir la course normale des travaux », conclut le document, laissant entendre que la reprise du chantier est désormais conditionnée à un règlement rapide des blocages financiers.

Voici les explications de l’entreprise 👇👇

 

Par Kenzo Brown 

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