Tchad : Le Chef de l’État en treillis : le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno brandit la menace d’une riposte militaire après une attaque de drone soudanaise.

 

Le gouvernement tchadien hausse le ton après ce qu’il considère comme une violation grave de sa souveraineté. Une attaque de drone soudanaise sur le territoire tchadien a fait des victimes, poussant le Président Mahamat Idriss Deby Itno à décréter l’état d’alerte maximale.

Dans la soirée du mercredi 18 mars 2026, des drones soudanais ont frappé en territoire tchadien, causant des pertes humaines et matérielles. L’incident, survenu le long d’une frontière déjà sous tension, a immédiatement déclenché une réaction au sommet de l’État.

Convoqué en urgence au Palais Toumaï, un Conseil de défense et de sécurité s’est réuni autour du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, Chef suprême des Armées. Le Premier ministre Allah-Maye Halina, ainsi que les hauts gradés militaires et les responsables sécuritaires, ont pris part aux échanges.

« L’incident de trop »

Lors de cette réunion nocturne, le Chef de l’État a rappelé les efforts constants du Tchad pour faciliter la résolution du conflit soudanais. Depuis le début de la guerre, N’Djamena a multiplié les médiations et accueille un afflux massif de réfugiés, supportant un lourd fardeau humanitaire.

Mais selon la présidence, la situation s’est dégradée avec l’importation des conflits intercommunautaires sur le sol tchadien. La frappe de drone de ce jeudi constitue, aux yeux de N’Djamena, une agression intolérable.

Mesures immédiates et droit de poursuite

Face à cette escalade, trois décisions majeures ont été annoncées :

· Fermeture totale des frontières : Les 1 300 kilomètres de frontière commune avec le Soudan sont désormais hermétiquement clos.
· État d’alerte maximal : L’armée tchadienne a reçu l’ordre de se tenir prête à toute éventualité.
· Droit de riposte : Instruction a été donnée aux forces armées de répondre immédiatement à toute attaque future, sans distinction entre les factions belligérantes soudanaises (armée régulière ou Forces de soutien rapide).

Sur le plan humanitaire, une délégation gouvernementale a été dépêchée sur les lieux de l’attaque pour évaluer les dégâts et apporter les premiers secours aux populations touchées.

Une escalade aux risques imprévisibles

En se rendant lui-même en tenue militaire pour présider ce conseil, le Maréchal Deby a voulu envoyer un signal fort : la défense de l’intégrité territoriale du Tchad, qui s’étend sur plus de 1,2 million de kilomètres carrés, est une ligne rouge.

Les ordres ont été transmis sans délai aux commandements militaires pour exécution. Cette montée de tension entre les deux pays voisins, déjà fragilisés par des années d’instabilité, fait craindre le pire pour les populations civiles vivant de part et d’autre de la frontière. La communauté internationale observe désormais avec inquiétude ce nouveau point chaud en Afrique centrale.

Par Kenzo Brown 

Commentaires Facebook