France : Le rappeur Gims mis en examen pour blanchiment aggravé, libéré sous caution record de 1,5 million d’euros

L’artiste d’origine congolaise Gims, au sommet de sa carrière après avoir été sacré meilleur artiste masculin aux Victoires de la musique en 2025, est désormais rattrapé par la tourmente judiciaire. Interpellé à sa descente d’avion le 25 mars à Paris, Gandhi Djuna, de son vrai nom, a été officiellement mis en examen le vendredi 27 mars par un juge d’instruction parisien.

Poursuivi pour des faits de « blanchiment en bande organisée » et de « concours en bande organisée à une opération de placement, de dissimulation ou de conversion du produit d’un délit », le rappeur de 39 ans a été présenté au parquet national anticriminalité organisée (Pnaco). Selon nos confrères français, l’artiste a été remis en liberté à l’issue de sa garde à vue mais placé sous strict contrôle judiciaire. La condition la plus frappante de ce contrôle : le versement d’un cautionnement de 1,5 million d’euros (environ 984 millions de FCFA), une somme que l’interprète de « Sapés comme jamais » devra régler avant septembre 2026.

Un projet immobilier de luxe à Marrakech au cœur du scandale

Les enquêteurs du Pnaco s’intéressent à un vaste réseau international de blanchiment, structuré autour de multiples sociétés écrans établies dans différents pays. Ce montage complexe aurait permis d’éluder la TVA, d’émettre de fausses factures et de recycler des fonds d’origine présumée illicite. Au cœur du système, cinq ex-trafiquants de drogue de la région francilienne, désormais reconvertis dans la criminalité financière, sont déjà mis en cause.

Mais c’est un projet immobilier très médiatique qui focalise l’attention des magistrats. Lancé en grande pompe en 2025, « Sunset Village Private Residences » à Marrakech, au Maroc, devait marquer l’entrée fracassante de Gims dans le monde des affaires. Ce complexe de 118 villas de luxe, doté d’un lagon artificiel de 3 000 m², était présenté comme un investissement pharaonique. Les enquêteurs soupçonnent aujourd’hui que ce chantier ait pu servir de façade à un vaste mécanisme de blanchiment, mêlant fonds suspects et montages financiers opaques.

La défense clame l’innocence

Joint par nos soins, l’avocat du rappeur n’a pas souhaité faire de commentaire détaillé, mais a tenu à rappeler que son client « est présumé innocent et que cette mise en examen, aussi lourde soit-elle, ne préjuge pas du fond de l’affaire ». Me Dupont-Morand a ajouté que Gims « se tient à la disposition de la justice et apportera toutes les preuves de sa bonne foi concernant ses investissements parfaitement légaux ».

En attendant la suite de la procédure, l’artiste, qui réside principalement au Maroc, reste libre mais sous étroite surveillance judiciaire. Cette affaire pourrait sérieusement ternir l’image d’un des artistes francophones les plus influents de sa génération, au moment même où le Gabon, pays où il est extrêmement populaire, vit sous le régime de la suspension des réseaux sociaux (39e jour ce samedi). Contactés, les fans gabonais, pour la plupart privés de leurs plateformes habituelles, n’ont pas pu réagir massivement à cette information.

Par Frédéric Konaté 

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