États-Unis : Blasphème ou malentendu ? Trump retire une image IA le montrant en Jésus après la colère des chrétiens conservateurs
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Le président américain a retiré lundi de son réseau Truth Social une illustration générée par intelligence artificielle le représentant en figure christique, après avoir été accusé de blasphème par des figures influentes de la droite religieuse. Donald Trump a assuré qu’il s’agissait d’une méprise, l’image étant selon lui celle d’un médecin.
La polémique, qui intervient dans un climat déjà tendu entre la Maison Blanche et le Vatican, n’aura duré que vingt-quatre heures. Dimanche 12 avril, Donald Trump publie sur Truth Social une image saisissante : le président y apparaît drapé d’une toge rouge et blanche, auréolé d’une lumière, posant la main sur le front d’un homme alité. Autour de lui, une foule recueillie. En arrière-plan, des symboles patriotiques américains – aigles, bannière étoilée, statue de la Liberté, avion de combat.
Publiée sans commentaire, l’image reprend les codes de l’iconographie chrétienne. Très vite, la droite religieuse conservatrice, pourtant pilier de l’électorat trumpiste, s’indigne.
« Un esprit antéchrist »
L’ex-élue Marjorie Taylor Greene, figure trumpiste aujourd’hui en rupture avec le président, est la première à hausser le ton sur X. « C’est plus qu’un blasphème. C’est un esprit antéchrist », écrit-elle, avant d’établir un lien direct avec les récentes attaques de Donald Trump contre le pape Léon XIV.
Megan Basham, écrivaine et podcasteuse conservatrice habituellement proche du président, exige le retrait immédiat du message. « J’ignore s’il pensait faire de l’humour, s’il est sous l’influence de substances, ou quelle autre explication il pourrait donner à cet outrageux blasphème. »
Face au tollé, le président a finalement supprimé la publication lundi 13 avril. Mais il a rejeté toute interprétation religieuse.
« C’est censé être moi en tant que médecin »
« Ce n’était pas une représentation. C’était moi », a-t-il déclaré aux journalistes. « Je l’ai bien publiée, et je pensais que c’était moi. C’est censé être moi en tant que médecin, soignant les gens. Et je soigne les gens. Je les soigne beaucoup », a-t-il ajouté, en citant la Croix-Rouge.
Le président, qui se dit chrétien sans se présenter comme un pratiquant assidu, n’a présenté aucune excuse. Il a en revanche réitéré ses critiques à l’encontre du pape Léon XIV, qu’il a qualifié de « très faible ».
Contexte tendu avec le Vatican
Cette polémique iconographique intervient après un échange particulièrement vif entre la Maison Blanche et le Saint-Siège. Samedi, le pape américain – premier pontife originaire des États-Unis – a dénoncé depuis Rome « l’idolâtrie du moi et de l’argent », « les démonstrations de force » et « la guerre », en référence implicite au conflit en Iran mené par l’administration Trump.
Le président avait immédiatement répliqué sur Truth Social, jugeant les propos du souverain pontife inacceptables. L’image du « président-guérisseur » est intervenue moins de vingt-quatre heures plus tard.
Donald Trump bénéficie depuis des années d’un soutien massif des chrétiens évangéliques, qui saluent sa défense des valeurs conservatrices et sa nomination de juges anti-avortement à la Cour suprême. Ce nouvel épisode, pour l’instant limité, pourrait toutefois fragiliser cette alliance si les leaders religieux persistent dans leur critique.
Par Ousmane Diallo

