Cameroun : Drame sanitaire après une conférence à Yaoundé : un haut responsable bangladais emporté par le paludisme

 

Mahbubur Raman, 58 ans, est décédé le 17 avril des suites d’un paludisme cérébral contracté lors d’un séjour professionnel au Cameroun. Sa famille déplore un manque d’information sur les risques avant son départ.

Un drame évitable ravive l’attention sur les risques sanitaires liés aux voyages en zone tropicale. Mahbubur Raman, responsable bangladais âgé de 58 ans, est décédé le 17 avril dans un hôpital de son pays, des suites d’une infection foudroyante au paludisme.

Selon ses proches, il avait participé à une conférence internationale à Yaoundé, du 26 au 29 mars derniers. Quelques jours après son retour au Bangladesh, son état de santé s’est brutalement dégradé. Les médecins ont diagnostiqué une forme grave de paludisme, dite « paludisme cérébral », qui n’a malheureusement pas pu être enrayée malgré les soins prodigués.

Un défaut d’information dénoncé par la famille

La famille de Mahbubur Raman affirme que ce dernier n’avait pas été suffisamment informé des risques liés au paludisme avant son déplacement au Cameroun. Aucune mesure préventive – chimioprophylaxie, moustiquaires, répulsifs – n’aurait été clairement recommandée par les organisateurs de la conférence ou les autorités sanitaires consultées.

Ce drame met en lumière une lacune fréquente : trop de voyageurs internationaux négligent encore la consultation de médecine des voyages, sous-estimant la gravité potentielle du paludisme hors des zones endémiques.

Le Cameroun, pays très exposé

Le Cameroun reste l’un des pays les plus touchés par le paludisme en Afrique centrale. La transmission est active toute l’année, avec des pics durant la saison des pluies. En 2023, le pays a enregistré plus de 2 millions de cas et 1 756 décès liés à cette maladie, selon les chiffres officiels.

Pourtant, le paludisme est une maladie qui se prévient et se soigne, à condition d’agir à temps : chimioprophylaxie adaptée avant le départ, protection contre les moustiques, et consultation immédiate en cas de fièvre au retour.

Ce décès tragique rappelle une évidence trop souvent oubliée : un voyage d’affaires ou touristique dans une zone à risque ne s’improvise pas. Avant tout séjour au Cameroun ou dans tout pays de forte endémie paludéenne, il est impératif de :

· Consulter un médecin 4 à 6 semaines avant le départ ;
· Suivre scrupuleusement la chimioprophylaxie prescrite ;
· Se munir de répulsifs et de moustiquaires imprégnées ;
· Surveiller sa température pendant les semaines suivant le retour.

En mémoire de Mahbubur Raman, les professionnels du voyage et les organisateurs d’événements internationaux sont appelés à renforcer leurs obligations d’information sanitaire. Un simple rappel des risques peut sauver une vie.

Par Georges Domo 

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