Guinée : Le marché de Sonfonia Gare encore noyé sous les eaux, commerçants au désespoir
Nouveau drame pour les commerçants de Sonfonia Gare. Les fortes pluies tombées dans la nuit de jeudi à vendredi ont transformé le marché en véritable bassin de rétention. Bilan : des boutiques envahies, des marchandises détruites et des pertes financières considérables.
Ce vendredi matin, l’heure était au constat sur place. Les visages fermés, les vendeurs déambulent entre les flaques d’eau et les étals dévastés. À l’image d’Halimatou Diallo, vendeuse de vêtements pour enfants, la colère le dispute à la lassitude.
« On n’en peut plus. C’est la deuxième fois qu’on subit ça. L’eau est entrée partout, nos boutiques ont été inondées. On a passé la nuit à éponger, mais on a tout perdu. On travaille pour nourrir nos familles, et à chaque pluie, c’est la même galère. Les autorités doivent nous aider, on ne peut plus continuer ainsi », lance-t-elle, visiblement éprouvée.
Même son de cloche du côté de Mamadou Aliou Sow et Bintou Bangoura, qui évaluent leurs pertes à plusieurs millions de francs guinéens.
Caniveaux bouchés et occupation anarchique en cause
Si la pluie est abondante, les dégâts sont avant tout humains. Selon les commerçants et les responsables du marché, l’origine du désastre est connue : des caniveaux obstrués par les déchets et des installations sauvages qui bloquent l’écoulement naturel de l’eau.
« Regardez derrière vous, les fossés sont complètement bouchés. Avec les boutiques mal placées, l’eau ne peut plus passer. À chaque grosse pluie, le marché devient une rivière. Aujourd’hui, les habits, les pagnes… tout est gâté », dénonce Halimatou Diallo.
Ibrahima Sory Bangoura, comptable du marché, confirme et précise le mécanisme : « Il y a un grand fossé qui descend du quartier, mais les ordures charriées par l’eau s’accumulent ici et finissent par tout bloquer. Personne ne s’attendait à un tel débordement. Le problème menace les commerces et les habitations alentour. »
Il ajoute que l’installation de nombreuses vendeuses à proximité immédiate des caniveaux – par peur du déguerpissement et faute d’espaces adaptés – aggrave la situation. « Les tables et étalages retiennent les déchets, l’eau ne s’écoule plus, et elle envahit tout. »
Un responsable promet des solutions
Face à l’ampleur des dégâts – les deuxièmes en peu de temps – Ibrahima Sory Bangoura assure qu’il ne restera pas sans réagir. « Je suis venu constater moi-même. Nous allons travailler avec les autorités compétentes pour trouver une solution durable. On ne peut plus revivre ça aux prochaines pluies. »
En attendant, les sinistrés, résignés, évaluent leurs pertes et espèrent que cet énième drame finira par déclencher une véritable intervention des pouvoirs publics.
Par Frédéric Konaté

