Ghana : attaque meurtrière contre un convoi militaire dans le nord, 3 civils tués
Les militaires assuraient la liaison entre Bawku et Bolga lorsque des assaillants non identifiés ont ouvert le feu sur le convoi. Les soldats ont immédiatement riposté, tuant sept des attaquants au cours de l’échange de tirs. Les troupes ont ensuite interpellé dix suspects, actuellement interrogés dans le cadre de l’enquête. Les forces de l’ordre ont par ailleurs saisi, auprès d’un individu réfugié dans une mosquée, un fusil automatique G3, deux chargeurs de 20 cartouches ainsi que 176 munitions supplémentaires.
Un conflit ethnique ancestral
La ville de Bawku, toute proche du lieu de l’attaque, est le théâtre de violences récurrentes liées à un conflit ancien entre les ethnies Mamprusi et Kusasi. Ce différend porte sur la nomination du chef local, une fonction coutumière cruciale dans la région. Depuis 2021, ce cycle de violences a causé la mort de plus de 300 personnes.
Les heurts, initialement circonscrits à Bawku, s’étendent désormais à la localité voisine de Binduri, où l’attaque de ce lundi a eu lieu. Face à la détérioration de la situation sécuritaire, le ministre de l’Intérieur ghanéen avait instauré un couvre-feu nocturne dans la zone en mars 2025. Cette mesure avait été levée en février 2026, après une amélioration temporaire.
L’attaque de ce lundi illustre la fragilité de la paix dans cette partie du Ghana. Malgré les efforts de médiation et la présence des forces de défense, les tensions communautaires continuent de perturber la libre circulation des biens et des personnes. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles mesures supplémentaires pour sécuriser la zone.
Par Rodrigue Izumo

