Monde : Élections au Secrétariat Général de l’ONU : Le diplomate ougandais Olara Otunnu entre dans la course et devient le deuxième candidat africain après Macky Sall
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La course à la succession d’Antonio Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies s’intensifie. L’Ouganda a officiellement présenté la candidature de l’ambassadeur Olara Otunnu, 75 ans, qui devient le septième postulant à briguer la plus haute fonction diplomatique de la planète.
Annoncée samedi 25 juillet 2026 par l’ONU à ses États membres, cette candidature fait d’Olara Otunnu le deuxième représentant du continent africain en lice, après l’ancien président sénégalais Macky Sall. Une situation qui pourrait fragmenter les soutiens africains sur la scène internationale, alors que le principe de rotation régionale est souvent invoqué dans ce type d’élection.
Un parcours onusien de premier plan
Le parcours d’Olara Otunnu est intimement lié à l’histoire des Nations unies. Représentant permanent de l’Ouganda auprès de l’ONU de 1980 à 1985, il a notamment présidé le Conseil de sécurité en décembre 1981. C’est à cette occasion qu’il a introduit le système du vote indicatif à bulletins secrets pour l’élection du secrétaire général, une procédure surnommée depuis la « formule Otunnu ».
Sa carrière culmine sous le mandat du secrétaire général Kofi Annan (1997-2006), lorsqu’il est nommé secrétaire général adjoint de l’ONU et premier représentant spécial pour les enfants et les conflits armés, fonction qu’il occupe de 1998 à 2005. À ce poste, il a contribué à inscrire la protection des enfants touchés par la guerre à l’ordre du jour du Conseil de sécurité et a participé à l’élaboration du mécanisme de suivi instauré par la résolution 1612.
Un homme politique engagé sur la scène nationale
Au-delà de sa carrière internationale, Olara Otunnu a également été actif sur la scène politique ougandaise. Il a brièvement occupé le poste de ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda entre 1985 et 1986. En 2011, il s’est présenté à l’élection présidentielle face au président sortant Yoweri Museveni, en tant que candidat du parti d’opposition Uganda People’s Congress (UPC).
Sept candidats en lice pour un seul fauteuil
Olara Otunnu rejoint désormais une liste de six autres postulants déjà déclarés :
· Michelle Bachelet (Chili), ancienne présidente et ex-Haute-Commissaire aux droits de l’homme ;
· María Fernanda Espinosa (Équateur), ex-présidente de l’Assemblée générale de l’ONU ;
· Rafael Grossi (Argentine), directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ;
· Rebeca Grynspan (Costa Rica), secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) ;
· Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana), ministre des Affaires étrangères ;
· Macky Sall (Sénégal), ancien président de la République.
Ils sont donc désormais sept candidats sur la ligne de départ pour succéder au Portugais Antonio Guterres, dont le mandat s’achèvera le 31 décembre 2026.
Un processus électoral sous haute tension
La procédure de sélection du prochain secrétaire général de l’ONU s’annonce particulièrement disputée. Le Conseil de sécurité doit tenir un premier vote indicatif le 30 juillet 2026. Pour être retenu, un candidat doit recueillir au moins neuf voix sur quinze, sans qu’aucun des cinq membres permanents (États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie) n’use de son droit de veto.
L’enjeu est de taille : le prochain secrétaire général devra piloter l’institution onusienne à travers une période marquée par des crises géopolitiques majeures, les défis climatiques et les tensions croissantes entre grandes puissances. La question de la représentation régionale et de la parité sera également au cœur des débats.
À ce stade, la compétition reste ouverte, et l’arrivée d’Olara Otunnu, avec son profil de diplomate chevronné et de défenseur des droits des enfants, pourrait rebattre les cartes dans une course qui s’annonce déjà historique.
Par Cherif Keita

