Monde : AG de l’ONU : Netanyahu confirme sa venue à New York malgré le mandat d’arrêt de la CPI
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé son intention de se rendre à New York en septembre prochain pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies, défiant ainsi les appels à son arrestation émis par le nouveau maire de la ville, Zohran Mamdani .
Interrogé dimanche par la chaîne américaine Fox News, le chef du gouvernement israélien a déclaré ne pas être préoccupé par ces menaces et a affirmé qu’il comptait prendre part, comme à l’accoutumée, au rendez-vous annuel de l’ONU, sauf si des considérations de sécurité venaient à modifier ses plans . « Je viendrai à New York pour défendre la vérité du peuple juif. Je compte venir dire la vérité, parler pour Israël et pour l’alliance israélo-américaine depuis la tribune des Nations unies », a-t-il martelé .
Cette déclaration intervient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu. La Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye, a émis en novembre 2024 un mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, les accusant de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité présumés dans le cadre de la guerre menée à Gaza, déclenchée après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 .
Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, élu en novembre 2025, s’est illustré en qualifiant le dirigeant israélien de « criminel de guerre » et en déclarant qu’il n’était « pas le bienvenu » dans sa ville . Il a initialement affirmé vouloir faire tout ce que la loi lui permettait pour procéder à son arrestation . Cependant, le 21 juillet, son administration a dû reconnaître qu’elle ne disposait pas de l’autorité légale indépendante pour exécuter le mandat de la CPI . Dans une vidéo publiée sur X (anciennement Twitter), Mamdani a expliqué avoir examiné toutes les voies possibles avant de conclure à son impuissance juridique sur ce plan . Il a néanmoins exhorté le gouvernement fédéral américain à agir, affirmant que celui-ci en avait les moyens .
La position du maire démocrate a suscité une vive réaction de Benjamin Netanyahu. Ce dernier l’a accusé de « semer la haine » et de « monter les uns contre les autres » . « Il devrait être le maire de tous les New-Yorkais — juifs, chrétiens, musulmans, tous », a-t-il déclaré, estimant que l’édile « soutient les meurtriers du Hamas » . Netanyahu a par ailleurs rejeté comme « fallacieuses » les accusations portées contre lui par la CPI, jugeant le mandat d’arrêt infondé .
Cette confrontation a été brutalement tranchée par le président américain Donald Trump, qui a fermement assuré que le Premier ministre israélien ne serait pas arrêté. « Benjamin Netanyahu ne sera pas arrêté, sous quelque forme que ce soit, tant qu’il se trouve aux États-Unis d’Amérique », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social . Cette garantie présidentielle s’appuie sur plusieurs réalités juridiques : les États-Unis ne sont pas membres de la CPI et ne reconnaissent pas sa compétence . Une loi de 2002 interdit même l’extradition de quiconque vers la CPI, et les chefs d’État en visite bénéficient généralement d’une immunité aux États-Unis .
La présence annoncée de Benjamin Netanyahu à New York promet donc de raviver, en septembre, les tensions autour de la guerre à Gaza, de la légitimité de la CPI et des relations complexes entre Washington, Israël et les institutions judiciaires internationales .
Par Francis Kaboré

