Afrique : Classement HelloSafe 2026 : le Cameroun absent du top 10 des pays africains les plus prospères

 

Le dernier rapport de l’institut HelloSafe place les Seychelles en tête des nations africaines les plus prospères, tandis que le Cameroun, malgré son poids démographique et économique régional, ne figure pas parmi les dix pays au plus haut revenu par habitant. Une absence qui relance les interrogations sur les inégalités et les conditions de vie sur le continent.

Selon le classement 2026 des pays africains les plus prospères établi par HelloSafe, le Cameroun ne fait pas partie des dix économies les plus performantes en matière de richesse par habitant. Cette mise à l’écart ravive le débat sur la répartition des richesses et la qualité de vie dans plusieurs nations d’Afrique subsaharienne.

Les Seychelles en tête, Maurice sur le podium

En haut du palmarès, les Seychelles caracolent en tête, portées par un niveau de vie élevé fondé sur le développement du tourisme de luxe et des investissements conséquents dans les services publics (santé, éducation, infrastructures). L’archipel devance Maurice, deuxième, dont l’économie diversifiée et la stabilité politique continuent d’attirer les investisseurs étrangers.

La troisième place revient à l’Algérie, dont les revenus issus des hydrocarbures soutiennent toujours l’économie nationale, malgré une dépendance persistante aux prix du pétrole. Suivent dans le top 10 : le Gabon, l’Égypte, la Libye, la Tunisie, le Botswana, le Maroc et l’Afrique du Sud. Ces pays, malgré des défis socio-économiques parfois majeurs (chômage, endettement ou transition énergétique), parviennent à maintenir un revenu par habitant supérieur à la moyenne du continent.

Une méthodologie croisant plusieurs indicateurs

Contrairement aux classements se fondant uniquement sur le PIB brut, HelloSafe précise avoir retenu quatre critères pour établir sa liste : le PIB par habitant, l’Indice de Développement Humain (IDH), les inégalités sociales (mesurées via le coefficient de Gini) et les taux de pauvreté. Cet indice composite vise à refléter davantage la prospérité réelle des populations que la seule puissance économique brute.

Le Cameroun absent, des questions sur la redistribution

L’absence du Cameroun, souvent présenté comme un moteur économique de l’Afrique centrale (grâce à l’agriculture, aux ressources minières et forestières, puis au pétrole), interroge les observateurs. « Être une grande économie régionale ne garantit pas une forte richesse par habitant. Le Cameroun pâtit d’une croissance encore insuffisamment inclusive et d’inégalités persistantes entre les régions et entre les groupes sociaux », analyse un économiste basé à Douala, sous couvert d’anonymat.

Le rapport HelloSafe suggère en filigrane que la prospérité durable ne se mesure pas seulement à la production nationale, mais bien à sa répartition et à sa traduction en bien-être réel pour les citoyens.

Un classement qui nourrit le débat

Ce type de hiérarchie est régulièrement critiqué par ceux qui jugent les comparaisons entre petits États insulaires (Seychelles, Maurice) ou pays pétroliers (Gabon, Libye, Algérie) et les nations plus peuplées ou diversifiées comme le Nigeria, l’Éthiopie ou le Cameroun, « peu pertinentes ».

Toutefois, il a le mérite de rappeler régulièrement aux gouvernements africains que la recherche de l’indicateur « PIB par habitant » reste un objectif central pour améliorer le quotidien des populations. En attendant la prochaine édition, le Cameroun et les autres pays absents du top 10 savent qu’ils devront convaincre sur le terrain social et humain, bien au-delà des seules statistiques macroéconomiques.

Par Frédéric Konaté 

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