Afrique : Mali, Burkina Faso et Niger rejettent le délai de six mois accordé par la CEDEAO pour revoir leur retrait

 

Lors du récent sommet des chefs d’État de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tenu à Abuja, une décision majeure a été prise : accorder un délai supplémentaire de six mois au Mali, au Burkina Faso et au Niger pour reconsidérer leur retrait de l’organisation régionale. Cependant, cette proposition a été catégoriquement rejetée par les trois États sahéliens.

Dans une déclaration ferme, le Général Assimi Goïta, président de la Confédération des États du Sahel (AES), a qualifié cette décision d’« inacceptable ». Selon lui, les trois pays ont déjà fait preuve d’une détermination claire en choisissant de quitter la CEDEAO, une organisation qu’ils accusent de ne plus répondre aux aspirations de leurs peuples et de ne pas tenir compte des réalités sécuritaires et socio-économiques auxquelles ils font face.

Une rupture consommée

Depuis le coup d’État au Mali en 2020, suivi de ceux au Burkina Faso et au Niger, les relations entre ces États et la CEDEAO se sont progressivement dégradées. Les sanctions économiques, les restrictions politiques et les divergences stratégiques ont creusé un fossé de plus en plus difficile à combler. Les dirigeants de l’AES estiment que leur souveraineté nationale et leur sécurité régionale ne peuvent plus être garanties au sein de cette organisation.

Les raisons du refus

Selon le Général Goïta, la décision de quitter la CEDEAO est irréversible et repose sur des fondements solides, notamment la recherche d’une intégration régionale plus adaptée aux réalités du Sahel. « Nous ne pouvons pas continuer dans une organisation qui ne comprend pas nos priorités et qui, au lieu de soutenir nos efforts, nous impose des sanctions injustes », a-t-il déclaré.

Quel avenir pour l’intégration régionale ?

La Confédération des États du Sahel (AES), créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, semble déterminée à renforcer sa coopération interne et à développer des partenariats stratégiques avec d’autres blocs régionaux et internationaux. Cette nouvelle alliance ambitionne de poser les bases d’une intégration économique et sécuritaire mieux adaptée aux défis du Sahel.

La CEDEAO à la croisée des chemins

Le rejet du délai de six mois par les trois États sahéliens représente un défi majeur pour la CEDEAO, qui doit désormais repenser sa stratégie de dialogue et de coopération avec ces pays. Une rupture définitive pourrait fragiliser l’organisation ou, au contraire, la pousser à une profonde réforme structurelle.

L’avenir des relations entre l’AES et la CEDEAO demeure incertain, mais une chose est claire : le Mali, le Burkina Faso et le Niger semblent résolus à suivre leur propre voie, avec ou sans le soutien de leurs anciens partenaires régionaux.

Par Ousmane Diallo 

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