Bénin : Des soldats de l’Alliance des États du Sahel attendus au défilé des 65 ans de l’indépendance

À l’approche du 65e anniversaire de l’indépendance du Bénin, une décision inédite du gouvernement béninois attire l’attention de la sous-région : des troupes de l’Alliance des États du Sahel (AES) pourraient défiler aux côtés des forces armées béninoises lors des festivités du 1er août à Cotonou.

Une ouverture symbolique vers les pays voisins

L’annonce a été faite par Wilfried Houngbedji, porte-parole du gouvernement, qui a confirmé que quatre pays ont été invités à participer au défilé militaire. « Deux seront là avec certitude », a-t-il précisé, tout en laissant entendre que les deux autres nations invitées appartiennent à l’AES, une alliance militaire regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Bien que les noms du Burkina Faso et du Niger n’aient pas été explicitement cités, les observateurs voient dans cette invitation un geste fort à l’égard de voisins récemment mis à l’écart des dynamiques régionales, notamment au sein de la CEDEAO.

Fraternité et sécurité au cœur du geste

Le Bénin semble vouloir rompre avec une posture de neutralité distante, longtemps adoptée face aux régimes militaires sahéliens. « Nous sommes des frères. Nos populations sont les mêmes de part et d’autre des frontières », a souligné Houngbedji, mettant en avant les liens historiques, culturels et sociaux unissant les peuples de la région.

Ce geste diplomatique est interprété comme une tentative d’apaisement dans un contexte tendu, où les fractures entre les pays de l’AES et les autres États ouest-africains restent profondes.

Une stratégie de coopération sécuritaire

Le Bénin partage des frontières longues et poreuses avec le Niger et le Burkina Faso, des zones particulièrement exposées aux attaques jihadistes. L’invitation des troupes de ces pays à participer au défilé du 1er août peut être vue comme une volonté d’améliorer la coopération sécuritaire transfrontalière.

Pour les autorités béninoises, la stabilité régionale ne peut être atteinte sans dialogue militaire, même avec des États sous gouvernance militaire. « Le Bénin reste disposé à coopérer avec ses voisins pour garantir la paix et la sécurité dans la sous-région », a insisté Houngbedji.

Une inflexion diplomatique notable

Cette ouverture pourrait signaler un changement de cap diplomatique pour le Bénin, qui, jusqu’ici, soutenait officiellement les positions de la CEDEAO tout en évitant les confrontations frontales avec l’AES. L’invitation des troupes sahéliennes est donc un message fort : les logiques de sécurité priment désormais sur les clivages politiques et institutionnels.

Si la participation effective du Burkina Faso et du Niger se confirme, le défilé du 1er août 2025 pourrait devenir un symbole de rapprochement régional, à l’heure où l’Afrique de l’Ouest cherche de nouvelles voies pour garantir sa stabilité

Par Jérôme Wailifu 

Commentaires Facebook