Burkina Faso : Le capitaine Ibrahim Traoré lance une offensive nationale contre la mendicité
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Le gouvernement burkinabè a engagé une nouvelle bataille sociale : mettre fin à la mendicité dans les grandes villes du pays. Sous l’impulsion du président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré, la Révolution progressiste populaire (RPP) entend faire de ce fléau un combat prioritaire dans sa vision de refondation nationale.
Selon des informations relayées par Jeune Afrique, la ministre de l’Action humanitaire, Passowendé Pélagie Kaboré, a rappelé récemment que la mendicité est formellement interdite par la loi burkinabè, quelle qu’en soit la forme. Face à la persistance du phénomène, notamment à Ouagadougou, les autorités ont activé la brigade civique « Laabal », placée sous la tutelle du ministère de la Sécurité.
Le terme fulfuldé Laabal signifie « droiture », « probité », « honnêteté », symbolisant la philosophie morale que souhaite promouvoir le gouvernement. Depuis son déploiement, la brigade a commencé à interpeller des mendiants dans les rues de la capitale. Les adultes appréhendés sont orientés vers l’initiative présidentielle Faso Mêbo (« construire le Faso »), un programme de travaux d’intérêt communautaire.
Conformément à la doctrine d’éducation révolutionnaire de masse, les opérations d’assainissement et de pavage menées par d’anciens mendiants sont largement médiatisées. Ces images visent à encourager une prise de conscience collective et à valoriser le travail comme moteur de dignité sociale.
Les responsables de la brigade Laabal reconnaissent toutefois que la mendicité ne découle pas uniquement de comportements opportunistes ou d’un supposé « esprit de paresse ». Dans un contexte marqué par l’insécurité jihadiste, des millions de Burkinabè sont déplacés internes, souvent sans ressources, ce qui alimente mécaniquement la précarité dans les centres urbains.
En s’attaquant à ce phénomène complexe, les autorités burkinabè souhaitent affirmer une volonté politique forte : celle d’un État qui refuse la fatalité et cherche à restaurer l’esprit de responsabilité individuelle et collective au sein de la société.
Par Frédéric Konaté

