Burkina Faso : SNC 2026 : Voyage dans le temps au musée communal de Bobo-Dioulasso avec des deux-roues des années 1960
En marge des festivités de la 21e édition de la Semaine Nationale de la Culture (SNC) à Bobo-Dioulasso, le musée communal attire l’attention des passionnés d’histoire et de mécanique. Une exposition de motocyclettes datant des années 1960 fait revivre un pan du patrimoine roulant burkinabè, et ravive la mémoire collective autour de ces engins d’une autre époque.
L’ambiance est feutrée au musée communal de Bobo-Dioulasso, mais l’émotion, elle, est bien présente. Dans un coin dédié, plusieurs deux-roues d’un autre âge trônent silencieusement. Ils viennent tout droit des années 1960, époque où la mobilité à moteur était encore un luxe et un symbole de modernité. Dans le cadre de la Semaine Nationale de la Culture (SNC) 2026, ces vénérables mécaniques font leur comeback sous les projecteurs.
Un héritage sur deux roues
Pour les jeunes générations, ces engins au cadre massif, aux réservoirs galbés et aux phares ronds sont de véritables pièces de musée – ce qu’ils sont d’ailleurs devenus. Mais pour les anciens, ils racontent une histoire : celle des premiers « motards » de Bobo-Dioulasso, des coursiers d’antan, des commerçants audacieux qui sillonner les pistes poussiéreuses de Haute-Volta à une époque où le bitume se faisait rare.
Les visiteurs, souvent interpellés par les formes inhabituelles, s’arrêtent, observent, et pour certains, la larme pointe au coin de l’œil. Un collectionneur présent sur les lieux confie : « C’est plus que du métal. C’est la jeunesse de nos pères, c’est le bruit de ces moteurs qu’on entendait dans les quartiers… »
« Qui se rappelle encore de leur nom ? »
C’est la question qui trotte sur toutes les lèvres et qui a été reprise par les internautes sur les réseaux sociaux avec le hashtag #SNC2026. Derrière cette interrogation pointe une certaine nostalgie : ces motos avaient-elles pour nom Peugeot 103, Mobylette, Solex, Java, ou encore des modèles plus rares venus d’Europe de l’Est ?
Si certains visiteurs âgés tentent d’identifier les marques, d’autres avouent leur impuissance. « Je sais que mon père en avait une bleue, mais il appelait ça « la mobylette ». Je ne me souviens plus du vrai nom », lâche un quinquagénaire, un sourire gêné aux lèvres.
Un clin d’œil à la mémoire collective
L’exposition, organisée en partenariat avec des collectionneurs privés et des passionnés de mécanique ancienne, s’inscrit dans la volonté de la mairie de Bobo-Dioulasso de valoriser non seulement la culture immatérielle, mais aussi l’histoire matérielle et industrielle de la ville. « Ces engins ont participé à la construction de l’économie locale. Ils transportaient les marchandises, reliaient les villages. Les oublier, ce serait oublier un chapitre de notre modernité », explique un agent du musée.
Sur le plateau de #MoussoNews, l’animation bat son plein. Les internautes s’amusent à proposer des noms : « C’est une Motoconfort ! », « Non, une Terrot pour la bleue »… D’autres, plus jeunes, se contentent d’un laconique « C’est trop vieux, je ne connais pas », provoquant des remous dans les commentaires. La publication, largement partagée avec le hashtag #SNCBobo2026, dépasse déjà le cercle des simples amateurs de la SNC pour toucher une communauté plus large de collectionneurs africains et européens.
Un dernier tour de roue
Le temps de l’exposition, les visiteurs peuvent tenter d’en apprendre davantage grâce à des fiches techniques sommaires. L’occasion aussi de rappeler que, contrairement aux idées reçues, l’Afrique de l’Ouest a connu très tôt l’ère de la mobilité individuelle motorisée. Reste un mystère : ces motos peuvent-elles encore démarrer ? Les conservateurs du musée restent évasifs. Peut-être un bruit de moteur viendra-t-il un jour réveiller la poussière des souvenirs, lors d’une prochaine édition de la SNC.
En attendant, les projecteurs sont braqués sur ces reines d’acier silencieuses, et sur la mémoire que chacune transporte avec elle.
Par Francis Kaboré

