Cameroun : Crise politique : le MRC saisit l’Union africaine et demande des sanctions
Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), principal parti d’opposition dirigé par Maurice Kamto, a officiellement saisi l’Union africaine (UA). Dans un communiqué publié mercredi 23 avril, la formation politique dénonce un « changement anticonstitutionnel de gouvernement » et réclame l’application de sanctions contre les autorités camerounaises.
Une révision constitutionnelle au cœur du litige
Dans un mémorandum transmis aux instances panafricaines, le MRC pointe du doigt plusieurs décisions récentes qui, selon lui, altèrent les principes démocratiques du pays et entravent l’exercice des droits politiques des citoyens.
La principale cible des critiques est la révision constitutionnelle adoptée en avril 2026, qui crée un poste de vice-président de la République. Le parti estime que ce mécanisme permettrait au président en exercice de choisir son successeur sans recourir à une élection, une pratique qu’il juge contraire à la souveraineté populaire.
Des reports électoraux qui fragilisent les institutions
L’opposition dénonce également les reports successifs des élections législatives et municipales depuis 2024. Cette situation, selon le MRC, affaiblit la légitimité des institutions représentatives et prive les citoyens de leur droit de vote régulier.
Quelles sanctions possibles ?
En s’appuyant sur les textes fondateurs de l’Union africaine – notamment l’Acte constitutif et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance – le MRC considère que ces évolutions constituent une rupture de l’ordre constitutionnel. Celle-ci pourrait, à l’échelle continentale, entraîner des sanctions telles qu’une suspension du pays ou des mesures ciblées.
Au-delà de la démarche diplomatique, le mouvement de Maurice Kamto appelle les Camerounais à rester vigilants. Il dénonce une concentration progressive du pouvoir qu’il juge susceptible d’affecter durablement l’équilibre institutionnel du pays.
Cette initiative relance le débat sur l’état de la démocratie au Cameroun, dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions autour des réformes institutionnelles et du calendrier électoral.
Par Georges Domo

