Cameroun : Gaz liquéfié : la SNH clarifie la situation autour du départ du navire-usine Episeyo
La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) a publié une note de clarification en réponse à un article du média Africa Intelligence qui présentait la fin des opérations du FLNG Hilli Episeyo comme un « déraillement » de la stratégie gazière camerounaise. L’entreprise publique rétablit les faits et dresse un tableau complet de la situation.
Le départ de l’Episeyo : une fin de cycle normale
Mise en service en 2018 au large de Kribi, la plateforme flottante Hilli Episeyo a exploité un gisement dont les réserves récupérables initiales étaient estimées à environ 600 milliards de pieds cubes. Après huit années d’exploitation, le gisement est entré dans sa phase naturelle de déclin. Le retrait du navire-usine est donc la conséquence commerciale logique de l’épuisement de la ressource et de la fin de vie de l’équipement — un phénomène banal dans l’industrie pétrolière et gazière mondiale.
La SNH tient à préciser que l’Episeyo, propriété du norvégien Golar LNG, n’a jamais été la propriété du Cameroun. Son redéploiement éventuel vers d’autres bassins relève de la logique commerciale de son propriétaire, qui avait d’ailleurs conclu un préaccord en ce sens dès 2024 avec le consortium Southern Energy.
La stratégie gazière camerounaise ne s’arrête pas à une plateforme
« Isoler un fragment de ce processus en occultant sa globalité pour en conclure à un échec stratégique relève de la généralisation abusive », souligne la SNH. L’entreprise rappelle que le secteur amont camerounais connaît au contraire sa phase de développement la plus active de ces dernières années.
Parmi les avancées majeures enregistrées au cours des douze derniers mois :
· Le champ gazier transfrontalier Yoyo–Yolanda est entré en phase de développement. Estimé à environ 2 500 milliards de pieds cubes, il représente un investissement total d’environ 4 milliards de dollars, sous la conduite de Noble Energy, filiale de l’américain Chevron. Un accord d’unitisation a été signé le 3 février 2026 entre le Cameroun et la Guinée équatoriale.
· L’appel d’offres international sur neuf blocs, lancé le 1er août 2025, progresse. Cinq blocs sont déjà en phase de négociation de contrats de partage de production : quatre ont été attribués à Murphy West Africa et un à Octavia Energy.
· L’arrivée d’opérateurs de premier plan comme Chevron et Murphy confirme le potentiel des ressources camerounaises et la confiance des investisseurs internationaux.
Le gaz ne sera pas perdu
La SNH tient à rassurer sur la destination du gaz naturel provenant des champs en production : il continuera d’être acheminé par gazoduc vers la centrale électrique de Kribi Power Development Co (KPDC), alimentant ainsi la production électrique nationale. D’autres contrats d’achat avec de grandes entreprises sont en cours de négociation.
Par ailleurs, l’entreprise promeut activement un programme de valorisation terrestre du gaz, visant à privilégier son utilisation dans la production d’électricité et l’industrie nationales une approche qui génère davantage de retombées en matière d’emploi et de recettes fiscales que la simple exportation.
Réduire des divergences commerciales et techniques à une prétendue « défaillance de gouvernance » n’est ni objectif ni constructif, estime la SNH. L’insistance du Cameroun à fonder ses décisions sur des évaluations techniques indépendantes constitue au contraire la protection la plus responsable de la valeur à long terme de ses ressources na
En définitive, la stratégie gazière du Cameroun n’a pas déraillé. Elle avance, avec lucidité et assurance, vers une nouvelle étape. Le retrait de l’Episeyo marque la fin d’un chapitre, mais le Cameroun est en train d’écrire le suivant plus diversifié, plus résilient et porteur de perspectives bien plus larges que celles d’une seule plateforme flottante.
Par Georges Domo

