Cameroun : une plainte contre Abel Elimbi Lobe pour incitation à la haine tribale, à quelques jours de la Fête de l’Unité

Une procédure judiciaire vient d’être engagée contre le commentateur politique Abel Elimbi Lobe. Une plainte l’accusant de « promouvoir la haine tribale » a été déposée le 13 mai 2026 auprès du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Bonanjo, à Douala. Cette initiative intervient à quelques jours de la célébration de la Fête nationale de l’Unité, période hautement symbolique consacrée à la cohésion sociale et au vivre-ensemble pacifique.

Une plainte signée par Jacques Bertrand Mang

Le plaignant, Jacques Bertrand Mang, a officiellement saisi la justice pour dénoncer les propos publics d’Abel Elimbi Lobe. Dans sa lettre adressée au procureur, il accuse le commentateur d’« incitation à la haine tribale, entre autres » , et demande son arrestation et son incarcération immédiates.

Mang estime que les déclarations répétées d’Elimbi Lobe constituent une menace directe pour la cohésion sociale et l’unité nationale au Cameroun.

Des propos « dignes d’un pays en situation de génocide »

Dans sa plainte, Jacques Bertrand Mang affirme qu’Abel Elimbi Lobe tient, depuis des années, des propos contraires à la cohésion sociale, à l’intégration nationale et au vivre-ensemble. Il va plus loin en avertissant que certaines de ces déclarations sont « dignes d’un pays qui pourrait se retrouver en situation de génocide » , une mise en garde particulièrement grave qui souligne l’urgence qu’il perçoit à agir.

La communauté bamiléké régulièrement visée ?

Le plaignant accuse également le commentateur politique de viser régulièrement la communauté bamiléké lors de ses sorties médiatiques. Selon lui, ces propos ciblés participent d’une stratégie de stigmatisation ethnique qui fragilise le tissu social camerounais.

Des preuves audiovisuelles à l’appui

Pour étayer sa plainte, Jacques Bertrand Mang indique que des extraits des interventions d’Abel Elimbi Lobe pourraient être présentés comme preuves des propos présumés nuisibles à la cohésion nationale. Ces enregistrements, provenant probablement d’émissions de radio, de télévision ou de plateformes numériques, seraient de nature à démontrer la récurrence et la gravité des déclarations incriminées.

Le cadre légal : le tribalisme et les propos haineux punis par la loi

Mang rappelle dans sa plainte que le tribalisme et les propos haineux sont punis par la loi camerounaise. Il appelle les autorités judiciaires à faire respecter les textes en vigueur et à procéder à l’arrestation d’Abel Elimbi Lobe conformément aux dispositions légales.

Le Code pénal camerounais réprime en effet les discriminations et incitations à la haine fondées sur l’origine ethnique, notamment dans son article 241-1 relatif à la provocation à la haine tribale.

Un timing symbolique : à quelques jours de la Fête nationale de l’Unité

La date de dépôt de cette plainte – le 13 mai 2026 – n’est pas anodine. Elle intervient à quelques jours de la célébration de la Fête nationale de l’Unité, moment fort de l’année où les Camerounais sont invités à se souvenir des valeurs de rassemblement, de paix et de solidarité nationale. Ce symbole renforce la portée politique et médiatique de l’affaire.

Abel Elimbi Lobe, une figure clivante du paysage médiatique

Abel Elimbi Lobe est une personnalité bien connue des Camerounais. Chroniqueur et commentateur politique, il intervient régulièrement dans les médias et sur les réseaux sociaux, où il se fait remarquer par un ton souvent polémique et des positions tranchées. Ses prises de parole lui ont valu autant de soutiens que de détracteurs, certains louant son franc-parler, d’autres dénonçant ses excès.

Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été communiquée ni par le parquet de Bonanjo, ni par Abel Elimbi Lobe lui-même. Reste à savoir si le procureur donnera suite à cette plainte en ouvrant une information judiciaire, ou s’il la classera sans suite. Les prochains jours seront décisifs, d’autant que l’affaire intervient dans un contexte de sensibilité accrue autour des questions d’unité nationale.

Par Georges Domo 

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