Corée du Sud : l’ex-président Yoon Suk-yeol condamné à 30 ans de prison pour avoir tenté de provoquer la Corée du Nord
L’ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été condamné ce vendredi à trente ans de réclusion criminelle par la Cour centrale de Séoul. Il était jugé pour avoir ordonné, alors qu’il était en fonction, une opération militaire clandestine visant à faire basculer la péninsule dans une crise diplomatique majeure.
Selon l’acte d’accusation, entre septembre et octobre 2024, Yoon aurait secrètement autorisé l’envoi de plusieurs drones militaires sud-coréens au-dessus du territoire nord-coréen. L’objectif, d’après les procureurs, était de capturer des images de sites sensibles tout en laissant délibérément des traces d’identification sud-coréennes, afin de provoquer une réaction armée de Pyongyang.
L’accusation a démontré que cette provocation devait servir de prétexte à l’instauration de la loi martiale en décembre 2024, officiellement justifiée par une « agression imminente » du Nord. Des enregistrements et des témoignages d’anciens responsables militaires ont établi que Yoon avait personnellement supervisé l’opération, contournant l’Assemblée nationale et les chaînes de commandement légales.
Durant le procès, l’ancien président a nié les faits, dénonçant un « complot politique » de l’opposition. Ses avocats ont fait valoir que les drones relevaient d’une mission de reconnaissance classique, sans intention de déclencher un conflit. La cour a toutefois jugé que « la préméditation, la gravité des conséquences potentielles et l’abus de pouvoir » justifiaient une peine sévère.
La condamnation a provoqué des réactions contrastées. Dans les rues de Séoul, des manifestants ont applaudi le verdict, tandis que des partisans de Yoon, en larmes, dénoncent un « jugement politique ». Le gouvernement nord-coréen n’a pas encore officiellement réagi, mais sa presse d’État a qualifié Yoon de « criminel dangereux ».
Cette affaire, qui a ébranlé la démocratie sud-coréenne, marque un tournant historique : jamais un ancien président n’avait été condamné à une peine aussi lourde pour des motifs liés à la sécurité nationale. Yoon Suk-yeol a annoncé son intention de faire appel.
Par Frédéric Konaté

