Côte d’Ivoire : Molare libéré provisoirement après deux mois de détention

 

Incarcéré depuis juillet pour un accident mortel, l’artiste a retrouvé la liberté le 15 septembre. Son procès reste attendu.

Après deux mois passés derrière les barreaux, l’artiste ivoirien Molare, de son vrai nom Maury Féré Soumahoro, a recouvré la liberté provisoire le lundi 15 septembre 2025. Une décision qui ne met pas fin aux poursuites, mais qui soulève de vives réactions en Côte d’Ivoire, où l’affaire est suivie avec une attention particulière.

Un accident dramatique en juillet

Le 2 juillet 2025, dans le quartier d’Angré 8ᵉ Tranche à Cocody, Molare a perdu le contrôle de son véhicule, un tricycle motorisé de type Vanderhall, percutant mortellement Élise Tola, 38 ans. Malgré une intervention médicale rapide, la victime est décédée peu après.

Selon l’artiste, une panne mécanique aurait provoqué l’embardée. Les images de vidéosurveillance confirment la soudaineté de l’incident, montrant le véhicule effectuer un tête-à-queue avant de heurter la passante.

Une incarcération symbolique

Le 17 juillet, le chanteur a été placé sous mandat de dépôt et conduit au pôle pénitentiaire d’Abidjan. L’annonce avait provoqué une onde de choc, tant Molare est considéré comme une figure majeure du coupé-décalé et un acteur influent du milieu culturel et entrepreneurial ivoirien. Décoré chevalier de l’ordre national du Mérite, il est aussi perçu comme un modèle pour la jeunesse.

Les premiers mots après sa libération

À sa sortie, Molare s’est exprimé sur Facebook. Il a adressé un hommage appuyé à la défunte et présenté ses condoléances à la famille :

« Avant tout, j’ai une pensée pieuse et profonde pour madame Élise Tola et j’exprime encore mon respect et mon soutien à sa famille, qui a choisi la dignité plutôt que l’exposition. »

Il a également remercié les responsables religieux, le personnel pénitentiaire et ses proches pour leur soutien, confiant avoir découvert en prison « un univers difficile mais riche en leçons humaines ».

Une liberté provisoire encadrée

La liberté provisoire accordée à Molare ne signifie pas la fin des poursuites. L’artiste reste poursuivi pour homicide involontaire et devra se présenter devant la justice. Le code ivoirien prévoit cette mesure lorsque l’accusé présente des garanties de représentation et collabore avec l’enquête.

Et maintenant ?

Le procès reste à venir. La famille d’Élise Tola pourrait se porter partie civile afin de demander réparation. De son côté, Molare a affirmé vouloir désormais « regarder vers l’avenir » et s’investir pour la jeunesse, la culture et la cohésion sociale.

Par Ousmane Diallo 

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