Gabon : Une rivalité sentimentale tourne à l’agression au couteau à Lambaréné

 

Une histoire de jalousie a failli virer au drame, jeudi 18 juin 2026, à Lambaréné. Chance Bala Bouanga, élève en classe de Terminale, a été violemment agressé au couteau alors qu’il accompagnait son ancienne petite amie. Huit jours après les faits, deux suspects âgés de 19 ans ont été interpellés par la Police judiciaire du Moyen-Ogooué.

Les faits : une simple marche qui tourne au cauchemar

Tout s’est joué en fin de semaine dernière, à Petit Paris 3, dans le 2e arrondissement de Lambaréné, plus précisément dans le quartier surnommé L’Hacynda. Chance Bala Bouanga, élève au lycée privé Janvier Nguema Mboumba, cheminait paisiblement aux côtés de son ancienne petite amie.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la jeune fille portait un sac et un enfant. Le jeune homme aurait simplement accepté de l’accompagner. Une proximité anodine qui n’a pas été du goût de Serge Junior Akoua Yembi, le nouveau compagnon de la jeune fille, présent sur les lieux.

 

Alors qu’il marchait, Chance Bala Bouanga aurait entendu une voix lancer : « Agresse-le, il est là, poignarde-le ! » Ne se sentant pas concerné, il n’y aurait d’abord pas prêté attention. Mais la suite a été brutale.

Serge Junior Akoua Yembi, soupçonné d’être l’auteur principal, aurait pris à partie la victime avant de lui porter un violent coup de couteau à la hanche. Selon les soupçons, il aurait été aidé par Fredy Ngwa, un ami de 19 ans.

Grièvement blessé, Chance Bala Bouanga a été secouru et transporté vers une structure sanitaire. Son état de santé est préoccupant : la mère de la victime évoque une atteinte à la colonne vertébrale, des difficultés à s’asseoir normalement et une inaptitude à certaines activités.

Une mère désespérée lance un appel sur les réseaux sociaux

Bouleversée, la mère de la victime a publié une vidéo sur les réseaux sociaux, deux jours avant les arrestations. Dans son message, elle dénonce la lenteur supposée des démarches engagées après l’agression.

« Je suis désespérée. Je ne vois pas celui qui a agressé mon enfant », lance-t-elle, affirmant avoir fourni aux enquêteurs des coordonnées, des noms, des lieux et un récit détaillé des faits. Elle dit même avoir contribué aux déplacements des forces de l’ordre en donnant de l’argent pour le carburant.

« Depuis jeudi jusqu’à l’heure, alors qu’on connaît les domiciles de ces enfants, personne n’est attrapé », s’indignait-elle, appelant les internautes à partager massivement son message pour faire pression sur les autorités.

Les arrestations : une cavale de courte durée

La médiatisation de l’affaire a rapidement porté ses fruits. Vendredi 26 juin, les éléments de l’antenne provinciale de la Police judiciaire du Moyen-Ogooué ont interpellé les deux suspects :

· Fredy Ngwa a été appréhendé au village Oguemoué, dans le département de l’Ogooué et des Lacs, où il s’était réfugié après les faits ;
· Serge Junior Akoua Yembi, le suspect principal, a quant à lui été arrêté à Port-Gentil, chef-lieu de la province de l’Ogooué-Maritime.

Âgés tous deux de 19 ans et sans emploi, ils sont désormais entre les mains de la Police judiciaire de Lambaréné.

Les investigations se poursuivent pour déterminer le rôle exact de chaque suspect, vérifier les circonstances du coup de couteau, confronter les versions et établir si l’attaque relève d’un acte isolé, d’une action concertée ou d’une violence préméditée. La gravité des blessures de Chance Bala Bouanga pèsera également sur la qualification judiciaire des faits.

Cette affaire illustre le rôle désormais central des réseaux sociaux dans les faits divers au Gabon. Ils peuvent servir d’alerte, amplifier la voix des familles et empêcher certains dossiers de sombrer dans le silence.

Mais ils comportent aussi des risques : exposer trop tôt des éléments d’enquête, alerter des suspects, alimenter la défiance envers les institutions ou installer un procès public avant que la justice n’ait établi les responsabilités.

Cette agression rappelle tristement que, entre jalousie, colère mal maîtrisée et usage d’armes blanches, certains jeunes Gabonais franchissent trop vite la ligne rouge. La famille de la victime attend désormais justice, tandis que les enquêteurs doivent consolider la procédure

L’affaire est désormais entre les mains de la justice gabonaise. La suite de l’enquête devrait permettre de déterminer les responsabilités pénales de chacun des suspects.

Par Jérôme Wailifu 

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