États-Unis : Trump bloque un important stock de contraceptifs destinés à l’Afrique subsaharienne : un risque sanitaire majeur

 

Des millions de contraceptifs destinés à l’Afrique subsaharienne sont aujourd’hui bloqués dans des entrepôts à l’étranger, pris en otage d’une décision politique de l’ex-président américain Donald Trump. Selon une enquête du Washington Post, ces produits, entreposés en Belgique et aux Émirats arabes unis, sont menacés de destruction, faute d’accord pour leur distribution.

Le blocage remonte à janvier dernier, lorsque le gouvernement américain a drastiquement réduit les financements alloués aux programmes de l’USAID (l’Agence américaine pour le développement international). Depuis, Washington refuse de financer non seulement la livraison de ces contraceptifs, mais également leur destruction. Pire, les États-Unis insisteraient désormais pour les vendre plutôt que de les offrir comme prévu initialement aux pays bénéficiaires, principalement ceux d’Afrique subsaharienne.

Le stock concerné comprend des millions de préservatifs, de pilules contraceptives, d’implants et de dispositifs intra-utérins, pour une valeur estimée à plus de 12 millions de dollars. Ce matériel, essentiel à la planification familiale et à la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), était destiné à des régions où les besoins sont criants et les moyens limités.

Au-delà de la perte financière, le véritable scandale réside dans la péremption imminente de ces produits. Près de la moitié auraient désormais une durée de vie inférieure aux normes d’importation en vigueur dans la plupart des pays africains. Si rien n’est fait rapidement, ces contraceptifs devront être détruits – un processus qui pourrait coûter jusqu’à 200 000 dollars supplémentaires au contribuable américain.

Ce blocage n’est pas sans rappeler la politique dite du “Global Gag Rule”, réactivée à chaque mandat républicain, qui interdit le financement américain à toute organisation étrangère promouvant ou même informant sur l’avortement. Une logique idéologique aux conséquences concrètes : augmentation des grossesses non désirées, montée des avortements clandestins, et pression accrue sur des systèmes de santé déjà fragiles.

Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, où une femme sur quatre n’a pas accès aux moyens modernes de contraception, ce stock représentait une bouée de sauvetage. Son immobilisation, puis sa potentielle destruction, constituent non seulement un gaspillage logistique et budgétaire, mais surtout une atteinte aux droits fondamentaux des femmes à disposer de leur corps.

Organisations humanitaires et agences onusiennes appellent à une levée rapide de ce blocage. Pour elles, il est encore temps d’éviter le pire : acheminer d’urgence les produits encore utilisables vers les régions les plus affectées et prévenir ainsi une crise sanitaire évitable.

Par Ousmane Diallo

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