France : Reconnaissance historique des violences commises au Cameroun entre 1945 et 1971

Pour la première fois, la France a officiellement reconnu son implication dans les violences meurtrières qui ont marqué la lutte pour l’indépendance du Cameroun. Dans une lettre adressée le 30 juillet au président camerounais Paul Biya, le chef de l’État français Emmanuel Macron a admis que son pays avait mené une véritable « guerre » contre les mouvements insurgés camerounais entre 1945 et 1971.

Des milliers de victimes reconnues

Selon un rapport d’historiens remis en janvier aux deux gouvernements, les forces françaises auraient « probablement tué des dizaines de milliers de Camerounais » au cours de cette période. Les violences ont été particulièrement marquées avant et après l’indépendance camerounaise en 1960, avec des opérations militaires d’une extrême brutalité.

Le président Macron a explicitement reconnu la responsabilité française dans plusieurs événements tragiques, dont l’assassinat du leader indépendantiste Ruben Um Nyobè en 1958, ainsi que le massacre d’Ekité, le 31 décembre 1956, qui fit plusieurs dizaines de morts.

Une démarche mémorielle assumée

Cette reconnaissance s’inscrit dans la continuité de la politique mémorielle engagée par Emmanuel Macron. Le président français avait déjà reconnu la responsabilité de la France dans le massacre de Thiaroye (Sénégal, 1944), dans le génocide des Tutsis au Rwanda (1994) et dans la guerre d’indépendance algérienne.

Un pas attendu, mais encore insuffisant pour certains

Si cette déclaration constitue une avancée historique, plusieurs associations de victimes et historiens estiment que la France devra aller plus loin en présentant des excuses officielles et en ouvrant complètement les archives militaires liées à cette période.

Pour de nombreux Camerounais, cette reconnaissance, bien que tardive, pourrait représenter une étape importante vers la réconciliation des mémoires entre Paris et Yaoundé.

Par Georges Domo

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