Gabon : deux ans après la chute d’Ali Bongo, quel bilan pour Oligui Nguema ?
Voilà deux ans jour pour jour que le général Brice Clotaire Oligui Nguema mettait fin, par un coup d’État, à plus d’un demi-siècle de règne de la dynastie Bongo. Devenu président de la transition, il avait promis de tourner une page et de bâtir un nouveau Gabon. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?
Des avancées visibles dans les infrastructures
Depuis son arrivée au pouvoir, Oligui Nguema multiplie les inaugurations. Le marché Vaalco de Mayumba, présenté comme un espace moderne de développement économique local, vient d’ouvrir ses portes. À Moulengui-Bindza, il a lancé un château d’eau et un réseau hydraulique, tout en livrant la résidence du Secrétaire général de préfecture.
En août dernier, dans le Haut-Ogooué, une série d’infrastructures a été inaugurée : le pavillon présidentiel rénové, la salle de conférence Marcel Sandoungout équipée de technologies modernes, et surtout la Grande Boucherie de Franceville, un complexe commercial de 3 450 m² regroupant supermarché, boutiques, pharmacie, restaurant, agence bancaire et espace de loisirs.
Un volet social encore fragile
Malgré ces réalisations, la question sociale reste préoccupante. Près de 40 % des Gabonais vivent toujours sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale. Pour Fred Kapabi, docteur en philosophie politique, le gouvernement n’a pas encore réussi à améliorer le quotidien des ménages : « Le panier de la ménagère n’a pas encore évolué, mais nous espérons que cela se fera. »
Croissance et réformes économiques
Le président de la transition ambitionne un taux de croissance de 10 %. Mais la Banque mondiale tempère, avec des projections limitées à 2,4 % entre 2025 et 2027. Pour redynamiser l’économie, Oligui Nguema a annoncé la fin de l’exportation de manganèse brut d’ici 2029, misant sur la transformation locale et la création d’emplois. Il plaide également pour la mise en place de centrales d’achats afin de réduire le coût des produits de première nécessité.
Entre promesses et attentes
Deux ans après la chute d’Ali Bongo, le Gabon présente le visage d’un pays en chantier, où les infrastructures progressent mais où les défis sociaux et économiques persistent. Les Gabonais attendent encore que les promesses d’un véritable changement se traduisent par une amélioration tangible de leur vie quotidienne.
Par Georges Domo

