Inde : le ciel devient-il une zone à haut risque ?

 

Une semaine noire s’abat sur l’Inde. Après le crash dramatique du vol Air India 787 qui a coûté la vie à 241 personnes, voilà qu’un hélicoptère s’écrase à son tour, emportant dans la mort sept pèlerins, dont un nourrisson. Cette fois-ci, le drame s’est produit dans les montagnes de l’Himalaya, sur le trajet du temple sacré de Kedarnath.

Combien de morts faudra-t-il encore pour que la sonnette d’alarme soit tirée au plus haut niveau de l’État indien ? L’Inde, pays en pleine croissance technologique et économique, est-elle en train de perdre le contrôle de son espace aérien, de ses normes de sécurité, ou simplement de son bon sens ?

Il faut dire les choses clairement : le ciel indien devient dangereux. Très dangereux. Non pas uniquement en raison de phénomènes climatiques imprévisibles, mais à cause d’un système de transport aérien saturé, peu réglementé, et parfois laxiste dans ses pratiques, notamment dans les régions montagneuses. Le pèlerinage vers Kedarnath n’est pas nouveau. Il est connu pour ses risques. Et pourtant, en mai déjà, un hélicoptère s’écrasait dans des conditions similaires. Aucune leçon ? Aucune réforme ?

Des opérateurs privés sont autorisés à faire voler des appareils au-dessus de territoires où même la météo peut changer en quelques minutes. Le profit prend-il le pas sur la sécurité des passagers ? Faut-il attendre un troisième crash pour enfin ouvrir un débat national sérieux sur la sécurité des pèlerins, des touristes, et des citoyens indiens en général ?

Ce n’est pas un fait divers. C’est un signe inquiétant d’un mal plus profond : celui d’un État qui n’anticipe plus, qui réagit trop tard, et qui banalise les drames tant qu’ils ne touchent pas les grandes villes ou les élites.

Dans cette tragédie du 15 juin, un bébé a péri. Peut-on continuer à parler d’« aléas » ou de « fatalité » quand les mêmes erreurs se répètent, dans le même lieu, avec les mêmes conséquences ?

Il est temps que l’Inde revoie de fond en comble sa politique de transport aérien en zone montagneuse, qu’elle impose des normes strictes aux compagnies opérant dans ces zones, et surtout, qu’elle comprenne qu’un pèlerin, un pauvre ou un bébé méritent la même sécurité qu’un homme d’affaires en classe affaires.

Sinon, nous risquons de devoir publier d’autres tribunes. Et de compter d’autres morts.

Par Kenzo Brown 

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