Mali : Tragédie à la mine d’or de N’Tahaka : neuf morts dans l’effondrement d’un puits

 

Dans la nuit du 16 au 17 mars 2025, un nouvel effondrement survenu dans une mine d’or traditionnelle à N’Tahaka, dans le Cercle de Gao, a coûté la vie à neuf personnes, toutes de nationalité étrangère. Ce drame, rapporté par Radio Koïma de Gao, met une fois de plus en lumière les conditions de travail périlleuses et le non-respect des réglementations dans les sites d’orpaillage de la région.

Selon les premières informations, l’utilisation d’explosifs serait à l’origine de l’effondrement du puits. Un habitant du site a déploré cette pratique, pourtant interdite par la loi : « Malgré la règlementation en vigueur qui interdit l’utilisation des explosifs dans les mines, à N’Tahaka, les exploitants étrangers et nationaux s’en donnent à cœur joie. » Il a également souligné l’impact environnemental catastrophique de ces méthodes d’extraction artisanales.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que la mine de N’Tahaka est le théâtre d’un tel drame. Des effondrements avec des pertes humaines y sont régulièrement signalés, mettant en évidence les risques encourus par les travailleurs, souvent des migrants venus chercher fortune dans ces mines.

Le site d’orpaillage de N’Tahaka est l’un des plus vastes et des plus réputés de la région de Gao. Avec celui d’Inabaw, situé dans la région de Tombouctou, il attire des milliers de personnes originaires du Nigéria, du Soudan, des pays de la Confédération des États du Sahel et de certains pays du Maghreb. Ces travailleurs, souvent sans protection sociale ni équipement adéquat, s’exposent à des conditions de travail extrêmement dangereuses.

Cette tragédie soulève des questions cruciales sur la régulation des mines artisanales et la sécurité des travailleurs. Les autorités locales et nationales sont une nouvelle fois appelées à agir pour renforcer les contrôles et faire respecter les normes de sécurité, afin d’éviter de nouvelles pertes de vies humaines.

En attendant, les familles des victimes pleurent leurs proches, tandis que la communauté internationale observe avec inquiétude la situation dans ces zones minières, où l’exploitation de l’or continue de se faire au prix de vies humaines et de l’environnement.

Par Frédéric Konaté

Commentaires Facebook