Monde : L’Iran défie Washington : « Les Américains n’ont pas les moyens de nous attaquer »
Le ton monte entre Téhéran et Washington. Le chef d’état-major adjoint de l’armée iranienne, le contre-amiral Habibollah Sayyari, a lancé une charge virulente contre les États-Unis, estimant que ces derniers sont dans l’incapacité de mener une opération militaire contre la République islamique, contrairement à ce qu’ils ont pu faire ailleurs dans le monde.
Dans une déclaration relayée ce dimanche par les médias officiels iraniens, le haut gradé a balayé toute éventualité d’une action américaine sur le sol iranien. « Si les États-Unis disposaient réellement des capacités militaires et de la volonté d’agir contre l’Iran comme ils l’ont fait au Venezuela et de célébrer une victoire, ils l’auraient fait des milliers de fois jusqu’à présent », a-t-il martelé.
Le contre-amiral Sayyari a ensuite mis en avant ce qu’il présente comme un rapport de force défavorable à Washington : « Mais ils savent très bien qu’ils ne peuvent pas venir à bout des capacités de combat, de la résistance et de la volonté du peuple iranien. »
Une déclaration qui s’inscrit dans une stratégie de dissuasion
Ces propos, d’une rare fermeté, interviennent alors que les relations entre les deux pays sont au plus bas. Depuis des années, les États-Unis mènent une politique de pression maximale sur l’Iran, combinant sanctions économiques, isolement diplomatique et présence militaire accrue dans la région du Golfe.
L’allusion au Venezuela, où Washington a mené des opérations qualifiées de « réussites » dans la lutte contre les réseaux illicites, vise à souligner ce que Téhéran perçoit comme un double standard américain. Pour les stratèges iraniens, ce qui a été possible en Amérique latine ne le serait pas au Moyen-Orient, face à un adversaire mieux préparé et doté d’une capacité de riposte.
Pour les analystes, le discours du contre-amiral Sayyari vise autant un public interne qu’externe. À l’intérieur, il s’agit de rassurer une population confrontée à des difficultés économiques chroniques et de renforcer le sentiment national. À l’extérieur, il s’agit d’adresser un avertissement clair à Washington et à ses alliés régionaux.
La prudence reste toutefois de mise. Si la rhétorique s’enflamme, aucune escalade militaire directe n’a été observée ces dernières heures. Mais dans un contexte régional déjà brûlant, chaque déclaration est scrutée comme un possible prélude à des tensions plus vives.
Par Frédéric Konaté

