RCA: Procès de Bossembélé : François Bozizé absent, la Cour pénale spéciale entre en matière. Une audience historique s’ouvre à Bangui
Ce mardi 16 juin 2026, la Cour pénale spéciale (CPS) de la République centrafricaine a ouvert le procès tant attendu de l’affaire dite de « Bossembélé ». Une audience historique qui marque un tournant dans la justice transitionnelle du pays, avec sur le banc des accusés des personnalités de premier plan, dont l’ancien chef d’État François Bozizé Yangouvonda.
À ses côtés, trois autres prévenus comparaissent : Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy. Tous sont poursuivis pour des faits graves remontant à la période trouble qu’a connue la Centrafrique ces dernières années.
Un fauteuil vide pour l’ancien président
Dès l’ouverture de l’audience, la Cour a procédé à l’appel des accusés. Constatation sans surprise : François Bozizé n’est pas présent dans le box. L’ancien président, qui vit en exil, sera représenté par son avocate, Maître Édith Douzima.
Mais la Cour ne compte pas en rester là. Une nouvelle audience est prévue le 18 juin pour examiner la situation de l’ancien chef d’État et déterminer s’il y a lieu d’engager la procédure de contumace – une procédure qui permet de juger un accusé en son absence lorsqu’il est en fuite ou refuse de comparaître.
Cette décision pourrait avoir des conséquences majeures sur la suite du procès et sur la symbolique de ce jugement pour la réconciliation nationale.
Les droits des accusés rappelés solennellement
Conformément aux règles de procédure, la Cour a pris soin de rappeler aux trois accusés présents leurs droits fondamentaux. Chacun d’eux a été informé qu’il peut :
· Être assisté par un avocat de son choix
· Garder le silence sans que cela puisse être retenu contre lui
· Présenter sa défense dans des conditions équitables
Ce rappel des droits, essentiel dans un procès de cette envergure, témoigne de la volonté de la Cour pénale spéciale de garantir un procès juste et transparent, conformément aux standards internationaux.
La lecture du contexte : les faits au cœur du débat
Après ces formalités, l’audience s’est poursuivie par la lecture du contexte de l’affaire. Ce moment crucial permet de poser le cadre des débats et de rappeler les faits reprochés aux accusés. La Cour a entamé la présentation des éléments qui ont conduit à ce procès, dressant un tableau des événements survenus à Bossembélé et dans ses environs.
Un procès sous haute tension
L’ouverture de ce procès est attendue de longue date par les Centrafricains, victimes de décennies de violence et d’instabilité. La Cour pénale spéciale, créée pour juger les crimes les plus graves commis sur le territoire national, est perçue comme un symbole de la lutte contre l’impunité.
La présence de François Bozizé, figure emblématique de l’histoire politique du pays, donne à ce procès une dimension particulière. Son absence physique n’empêchera pas la justice de suivre son cours, mais elle pose la question de la coopération des anciens dirigeants avec les institutions judiciaires de leur pays.
La suite du procès
L’audience se poursuit avec les débats sur le fond de l’affaire. Les avocats de la défense, les parties civiles et le parquet vont désormais s’affronter dans un face-à-face judiciaire qui promet d’être passionné. La Cour devra examiner les preuves, entendre les témoins et, au terme des débats, rendre une décision qui marquera l’histoire judiciaire de la Centrafrique.
Le 18 juin prochain, la question de la contumace de François Bozizé sera examinée, ajoutant un nouvel épisode à ce feuilleton judiciaire hors norme.
Par Jérôme Wailifu

