Ghana : l’ancien ministre des Finances Ken Ofori-Atta obtient la résidence permanente aux États-Unis
L’ancien ministre ghanéen des Finances, Ken Ofori-Atta, poursuivi pour corruption dans son pays, a obtenu la résidence permanente aux États-Unis, une décision qui risque de relancer les tensions entre Accra et Washington.
Déclaré fugitif par les autorités ghanéennes en février 2025, puis inculpé pour corruption en novembre de la même année, Ken Ofori-Atta a vu sa situation prendre un tournant inattendu outre-Atlantique. Selon son avocat, la justice américaine de l’immigration a approuvé sa demande de carte verte, estimant que « les accusations pénales portées contre lui au Ghana ne sont pas crédibles ».
Des accusations de corruption liées à la cathédrale nationale
Les poursuites engagées contre l’ancien ministre portent notamment sur le financement controversé du projet de cathédrale nationale, voulu par l’ancien président Nana Akufo-Addo. Présenté à l’origine comme un projet devant être soutenu par des fonds privés, il aurait finalement bénéficié d’environ 58 millions de dollars issus des finances publiques, selon les enquêteurs.
Ofori-Atta avait quitté le Ghana pour les États-Unis afin d’y recevoir des soins médicaux. C’est dans ce contexte que la justice américaine a examiné sa demande de résidence permanente et l’a jugée recevable, au grand dam des autorités ghanéennes.
Une décision qui ne clôt pas les poursuites
Si cette décision américaine constitue un revers pour la justice ghanéenne, elle ne met toutefois pas définitivement fin aux procédures engagées contre lui au Ghana. Les autorités d’Accra ont d’ailleurs réaffirmé leur détermination à poursuivre les investigations, indépendamment du statut migratoire obtenu par l’ancien ministre.
Ce dossier illustre les tensions croissantes entre les pays africains et les juridictions occidentales, parfois accusées d’offrir un refuge à des personnalités politiques poursuivies dans leur pays d’origine. L’affaire Ofori-Atta pourrait également avoir des répercussions diplomatiques entre le Ghana et les États-Unis.
Un symbole de l’impunité pour les détracteurs
Pour les organisations de la société civile ghanéenne, cette décision est perçue comme un signe d’impunité accordé aux élites corrompues. Elles dénoncent un système où les responsables politiques accusés de détournement de fonds publics peuvent échapper à la justice en trouvant refuge à l’étranger.
L’affaire de la cathédrale nationale reste un sujet sensible au Ghana, où l’opinion publique s’interroge sur l’utilisation des deniers publics dans un contexte de difficultés économiques. La question de l’extradition d’Ofori-Atta, désormais résident permanent américain, s’annonce comme un nouveau chapitre judiciaire et diplomatique.
Par Rodrigue Izumo

