Afrique : Sahel : Les pays de l’AES officialisent la création d’une compagnie aérienne commune pour désenclaver la région

 

Les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont franchi une nouvelle étape décisive dans leur processus d’intégration régionale. En marge des Journées de l’Aviation civile à Niamey, les ministres des Transports du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont officiellement signé l’acte fondateur d’une compagnie aérienne commune, un projet stratégique visant à renforcer la connectivité et à faciliter la circulation des personnes et des biens dans l’espace sahélien.

Cette initiative, qui concrétise les décisions prises en novembre 2023 à Bamako, s’inscrit dans une logique de mutualisation des moyens et de souveraineté économique. Au-delà du simple transport de passagers, ce nouvel outil vise à désenclaver des régions souvent isolées et à stimuler les échanges commerciaux au sein de la confédération.

Sécurité et normes internationales au cœur des discussions

Parallèlement à la signature de cet accord historique, les autorités ont engagé des discussions approfondies sur la mise en place d’un organisme commun chargé des enquêtes sur les accidents et incidents aériens. Cette démarche, qui reflète une volonté d’alignement sur les standards internationaux de sécurité, vise à rassurer les partenaires et à garantir un cadre fiable pour le développement de l’aviation civile dans la région.

 

Les travaux de Niamey ont également permis de dégager plusieurs priorités pour les mois à venir :

· La mutualisation des moyens techniques et financiers des trois pays.

· L’élaboration d’une feuille de route commune pour le développement du secteur aérien.

· Le renforcement du fret aérien, identifié comme un levier clé pour dynamiser la croissance économique régionale.

Un projet politique fort pour l’autonomie du Sahel

Les participants ont insisté sur le rôle stratégique du transport aérien dans le développement économique de l’Alliance, appelant à des politiques plus ambitieuses en matière de connectivité régionale. « Ce n’est pas seulement une compagnie, c’est un outil d’intégration et de souveraineté », a souligné une source proche des négociations.

Après la signature de cet acte fondateur, les États de l’AES devront désormais s’accorder sur un point crucial : le choix du siège de la future compagnie. Cette décision, préalable indispensable au lancement effectif des activités commerciales, déterminera en partie l’ancrage géographique et opérationnel du projet.

Cette initiative illustre la volonté des pays du Sahel de se doter d’outils communs pour réduire leur dépendance extérieure et bâtir une autonomie durable dans des secteurs jugés stratégiques pour leur avenir commun.

Par Frédéric Konaté 

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