Tchad : criminalité, terrorisme et mines terrestres, la longue liste des risques qui inquiètent Washington ; le Département d’État américain déconseille formellement tout voyage vers le pays
Le Département d’État américain ne décolore pas sa carte des risques. Dans son avis actualisé le 28 avril 2026, les États-Unis reconduisent le Tchad au niveau 4, le seuil maximum de prudence, déconseillant formellement tout déplacement vers le pays sahélien.
Le message est clair et sans ambiguïté. Pour les autorités américaines, le Tchad reste une destination à éviter. Dans la dernière version de son système d’alerte aux voyageurs, mise à jour le 28 avril, le Département d’État a reconduit le classement du pays au niveau 4, intitulé « Do Not Travel », soit la cote de dangerosité la plus élevée.
Cette décision, loin d’être anecdotique, place le Tchad dans le cercle très fermé des nations jugées trop instables pour accueillir des ressortissants américains, qu’il s’agisse de touristes, d’hommes d’affaires ou d’humanitaires.
Une salve de menaces interdépendantes
L’avis officiel détaille un faisceau de risques qui justifie cette prudence extrême. Washington pointe d’abord une criminalité préoccupante, présente aussi bien dans les grandes villes que dans les zones reculées. Mais au-delà de la délinquance ordinaire, ce sont des menaces plus structurelles qui inquiètent : le terrorisme d’abord, fléau récurrent dans la région du lac Tchad, les troubles civils ensuite, alors que le climat politique reste tendu à N’Djaména.
L’administration américaine ajoute à cette liste les risques d’enlèvements, les mines terrestres persistantes héritées de décennies de conflits armés, ainsi que les faiblesses des infrastructures sanitaires, qui compliquent toute prise en charge médicale d’urgence.
Un signal diplomatique fort pour N’Djaména
Cette reconduction intervient à un moment où les autorités tchadiennes, dirigées par Mahamat Idriss Déby Itno, malgré élu, tentent de tourner la page de la transition et d’attirer les investissements étrangers. Le maintien du niveau 4 constitue un revers symbolique : il rappelle aux partenaires internationaux que la situation sécuritaire et politique demeure fragile, malgré les discours officiels sur le retour à l’ordre constitutionnel.
Concrètement, cette alerte peut dissuader les entreprises américaines de s’implanter, compliquer l’obtention de visas pour les ressortissants tchadiens et renforcer la prudence des organisations internationales présentes sur le terrain.
Que faire pour les Américains encore présents ?
Pour ceux qui se trouveraient malgré tout sur place, le Département d’État rappelle que les capacités d’assistance consulaire sont limitées, notamment en dehors de la capitale. L’administration recommande aux voyageurs de s’inscrire au programme STEP (Smart Traveler Enrollment Program) pour recevoir les alertes et faciliter leur localisation en cas de crise.
L’avertissement est sans appel : aux risques sécuritaires s’ajoute celui de se retrouver isolé, sans possibilité d’évacuation rapide si la situation se dégradait brutalement.
Le Tchad partage ce niveau 4 avec des pays comme l’Afghanistan, la Syrie, le Yémen ou la Somalie.
Par Kenzo Brown

