Tchad : Élections partielles du 21 juin – L’ANGE met en garde contre les campagnes anticipées et menace de sanctions

 

Dans un communiqué rendu public ce mardi 19 mai 2026, le président de l’Agence Nationale de Gestion des Élections (ANGE), Ahmed Bartchiret, rappelle à l’ordre les candidats en lice pour les législatives et sénatoriales partielles. Motif : des campagnes électorales déjà lancées sur les réseaux sociaux, en violation flagrante du Code électoral.

L’Agence Nationale de Gestion des Élections (ANGE) ne plaisante pas avec le respect du calendrier électoral. À moins d’un mois des élections législative et sénatoriale partielles prévues le 21 juin 2026 dans les circonscriptions de Haraze-Al-Biar et du Chari-Baguirmi, l’institution a sorti le carré rouge.

Dans un communiqué signé par son président, Ahmed Bartchiret, et publié ce mardi 19 mai, l’ANGE constate avec fermeté que « certains candidats ont déjà commencé la campagne en faisant des publications sur les réseaux sociaux ». Un départ anticipé que la loi ne tolère pas.

Une campagne officielle de 20 jours seulement

Le Code électoral tchadien, en son article 132, est sans ambiguïté : « Nul ne peut, par quelque moyen et sous quelque forme que ce soit, faire campagne en dehors des périodes prévues. » Or, la fenêtre légale de la campagne est strictement fixée du 30 mai au 19 juin, soit une durée de 20 jours.

Toute action de propagande, de séduction ou d’appel à voter avant le 30 mai est donc considérée comme illégale. Les publications sur Facebook, WhatsApp ou toute autre plateforme numérique ne font pas exception.

Ultimatum de 24 heures : retirez ou disqualifiez

L’ANGE ne s’est pas contentée d’un simple rappel à l’ordre. L’institution a donné aux candidats concernés un ultimatum de 24 heures pour retirer immédiatement toutes les publications constituant une campagne anticipée.

Passé ce délai, la menace est claire : « la suspension ou le retrait de la candidature des contrevenants » pourrait être prononcé. Une sanction radicale qui pourrait bouleverser les équilibres locaux dans les deux circonscriptions concernées.

Rappel à tous les acteurs politiques

Au-delà des candidats individuels, l’Agence interpelle l’ensemble des partis politiques, regroupements de partis et autres formations en compétition. Tous sont tenus de respecter scrupuleusement les dispositions légales, « sous peine de subir les sanctions prévues par le Code électoral ».

Cette mise en garde intervient dans un climat politique tchadien où la transparence des scrutins est régulièrement scrutée. L’ANGE, en charge de l’organisation et du contrôle des élections, cherche manifestement à donner des gages de rigueur et d’impartialité.

Les enjeux des partielles de Haraze-Al-Biar et du Chari-Baguirmi

Bien que partielle, cette double élection revêt une importance stratégique. Les circonscriptions concernées – Haraze-Al-Biar (dans la province du Salamat) et Chari-Baguirmi (dans la région éponyme) sont des bastions où les rapports de force politiques restent à surveiller.

Les législatives partielles permettront de pourvoir des sièges vacants à l’Assemblée nationale, tandis que les sénatoriales visent à renouveler certains postes à la chambre haute. Dans un système politique encore en consolidation, chaque siège compte.

Campagne numérique : la nouvelle frontière du contrôle

L’intérêt de ce communiqué réside aussi dans sa dimension moderne : l’ANGE cible explicitement les réseaux sociaux. Longtemps considérés comme une zone de non-droit électoral, Facebook, Twitter, WhatsApp et autres messageries sont désormais sous surveillance.

Les candidats adeptes de la « com’ numérique » devront donc redoubler de prudence. Un simple statut ou une vidéo de sensibilisation postée trop tôt pourrait leur coûter leur place sur le bulletin de vote.

Que risquent vraiment les contrevenants ?

Au-delà de la suspension ou du retrait de candidature, le Code électoral prévoit d’autres sanctions : amendes, annulation de votes, voire inéligibilité temporaire. L’ANGE n’a pas précisé laquelle de ces peines serait appliquée, laissant planer une incertitude volontaire.

Une chose est sûre : l’institution dirigée par Ahmed Bartchiret entend montrer les dents à l’approche du 21 juin.

Pour les candidats les plus pressés, le message est clair : la campagne électorale ne se fait pas en avance. Les affiches, les discours et les publications devront patienter jusqu’au 30 mai. Passé cette date, et pendant 20 jours, tout sera permis  dans le respect des règles.

En attendant, l’ANGE veille. Et ses avertissements ne sont pas des vœux pieux.

Par Mbaikoula Philippe 

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