Tchad: Qui était KLEMS ? Retour sur le parcours et l’œuvre d’un animateur et promoteur culturel émérite parti trop tôt

Il était de ces hommes dont la simple présence suffisait à illuminer une scène, bien plus qu’un animateur. Clément Mortorde Djimrangar, alias KLEMS, était une institution à lui seul. Ce jeudi 15 octobre 2026, le Tchad a perdu l’une de ses voix les plus précieuses, emportée par un malaise survenu la veille lors des festivités de la Journée nationale de la jeunesse. Retour sur le destin hors norme d’un homme qui a marqué son époque.

La nouvelle est tombée comme un couperet. KLEMS, l’homme au sourire lumineux et à l’élégance impeccable, n’est plus. Victime d’un malaise le mercredi, il avait été transporté par aéronef et placé sous oxygène. La lutte fut acharnée, mais vaine. Ce jeudi 15 octobre 2026, la scène tchadienne s’est définitivement tue.

Un cerveau d’exception

Qui était vraiment Clément Mortorde Djimrangar ? Pour le comprendre, il faut remonter à ses racines. Loin des projecteurs, il était un intellectuel accompli. Titulaire d’un Master en Psychologie et Philosophie de l’éducation et d’un Diplôme en Droits de l’Homme et Action humanitaire de l’Université Catholique d’Afrique Centrale de Yaoundé, il avait choisi la voie de l’excellence académique.

Mais en 2012, après une formation à Rome, il avait osé le grand saut. Quitter les sentiers universitaires pour embrasser sa véritable passion : la communication. Un choix audacieux qui allait le mener sur les antennes d’Electron TV, puis de Toumaï TV, sans oublier la radio sur Arc-en-Ciel et Mandela FM.

L’architecte des grands événements

Si KLEMS était connu du grand public, c’est avant tout pour son talent inégalé de maître de cérémonie. Son nom était devenu synonyme de prestige. Les organisateurs se l’arrachaient, conscients qu’avec lui, chaque événement prenait une dimension supérieure.

Son palmarès est impressionnant. Il avait illuminé de sa voix les concerts « World for Chad » avec Charlotte Dipanda (2022) et Josey, Meitod et Milka (2024). Il avait animé le concert de Debordo Lekoufa (2022), le lancement de la Semaine de la Chine (2024), celui du Toyota Land Cruiser Prado (2024), les produits digitaux de la Commercial Bank of Chad (2024), la célébration de l’indépendance du Bénin (2024), et le gala de la « Hair Cutting Compétition » (2024).

Et l’année 2025 n’avait pas été en reste : TEDx Moursal, le concert de la Fondation Mounira Mitchala, le dîner en l’honneur de Marine Le Pen, le défilé ARANISS, le banquet de la BEAC, la Saamha N’Djamena Fashion Week, et le lancement de Canal+ Tchad. Chaque fois, il avait donné le meilleur de lui-même.

Un avenir prometteur, un destin brisé

L’année 2026 s’annonçait sous les meilleurs auspices pour KLEMS. De nouveaux projets, de nouvelles scènes, de nouvelles consécrations l’attendaient. Mais le destin en a décidé autrement. En une fraction de seconde, tout s’est arrêté.

Aujourd’hui, c’est tout un pays qui pleure. Ses confrères, ses amis, ses admirateurs, tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer, sont inconsolables. KLEMS n’était pas seulement un professionnel hors pair ; il était un homme bon, un passionné de la langue de Molière, un amoureux inconditionnel de la culture.

À sa famille, à ses proches, à ses collègues, la rédaction du journal l’oeil du Sahara adresse ses condoléances les plus sincères. Puisse le souvenir de sa voix chaude et de son élégance apporter un peu de réconfort dans cette douleur immense.

Repose en paix, KLEMS. Tu resteras à jamais cette étoile qui a illuminé nos écrans et nos cœurs. Le micro s’est tu, mais ta voix continuera de résonner pour l’éternité.

 

Par Kenzo Brown 

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