Tchad : Tandjilé : des vivres pour les sinistrés de Dono Manga , une aide d’urgence qui soulage mais ne suffit pas
Trois jours après les pluies torrentielles qui ont ravagé la ville de Dono Manga, la mission dépêchée par le délégué général du gouvernement, le Dr Néné Ehémir Torna, a distribué une première aide alimentaire aux familles touchées. Une bouffée d’oxygène pour des centaines de sinistrés qui ont tout perdu.
Une distribution de vivres pour répondre à l’urgence
Le 30 avril 2026, la mission conduite par le conseil provincial de la Tandjilé et les responsables du département de Manga a procédé à une distribution de denrées alimentaires de base : riz, huile, sucre, farine, et quelques rations de protéines. L’opération a eu lieu en présence des notables locaux et des chefs de quartiers, afin d’assurer une transparence maximale dans l’attribution des vivres.
Selon des sources sur place, plus de 200 familles ont pu bénéficier de cette première vague d’assistance. Les personnes âgées, les femmes enceintes et les jeunes enfants ont été prioritaires.
Un constat alarmant sur le terrain
Au-delà de la distribution, la mission a dressé un premier bilan des besoins. Outre la nourriture, les sinistrés manquent cruellement :
· D’eau potable : plusieurs puits ont été contaminés par les eaux de ruissellement ;
· D’abris temporaires : de nombreuses maisons se sont effondrées ou sont inhabitables ;
· De vêtements et couvertures : beaucoup de familles ont tout perdu, y compris leurs effets personnels ;
· De soins médicaux : quelques blessés légers ont été signalés, mais aussi des risques de maladies hydriques (paludisme, diarrhées).
La promesse d’un suivi
Le délégué général du gouvernement, le Dr Néné Ehémir Torna, a tenu à rassurer les populations par l’intermédiaire de sa mission : « Cette distribution n’est qu’une première réponse. Nous allons remonter les besoins au niveau central pour obtenir davantage de moyens. Personne ne sera abandonné. »
Les autorités provinciales ont par ailleurs annoncé la mise en place d’un comité de suivi chargé d’identifier les familles les plus vulnérables et de préparer une seconde phase d’aide incluant des matériaux de construction et des kits médicaux.
Des voix critiques se font entendre
Malgré cette mobilisation, certains sinistrés estiment l’aide insuffisante au regard de l’ampleur des dégâts. « On nous a donné un peu de riz, mais nous n’avons ni toit ni eau. Qu’allons-nous faire demain ? », s’interroge Aïssa , mère de quatre enfants dont la maison s’est effondrée.
Des représentants de la société civile locale appellent également à une aide plus structurelle, notamment la réhabilitation rapide des routes coupées et la sécurisation des berges pour prévenir de nouvelles inondations.
Un appel à la solidarité nationale et internationale
Face à l’ampleur des besoins, le conseil provincial a lancé un appel à la générosité publique. Les bonnes volontés et les organisations humanitaires sont invitées à contribuer, en vivres, en matériels ou en financement.
Les coordonnées bancaires et les points de collecte devraient être communiqués dans les prochains jours par la province de la Tandjilé.
L’aide d’urgence apportée à Dono Manga a permis d’éviter le pire dans l’immédiat. Mais la route est encore longue avant que les sinistrés ne retrouvent des conditions de vie dignes. La promesse d’un suivi et la mobilisation de tous – autorités, société civile et citoyens – seront déterminantes dans les semaines à venir.
Par Mbaikoula Philippe

